MAROC
14/10/2019 13h:34 CET

Le manifeste des "hors-la-loi" a récolté 10.000 signatures

Le collectif “hors-la-loi” envisage de déposer une pétition auprès du Parlement.

Moroccan Outlaws
Le slogan du manifeste hors-la-loi.

PÉTITION - Trois semaines après le lancement du manifeste “hors-la-loi”, initié par les deux écrivaines Leila Slimani et Sonia Terrab, le collectif a récolté 10.000 signatures de Marocains, qui se déclarent “hors-la-loi”, manifestant ainsi leur “colère”, leur “rejet de l’injustice et de l’hypocrisie sociale”. Les signataires ne veulent pas des lois “pénalisant les relations sexuelles hors mariage, l’adultère et l’avortement”,  précise le collectif dans un communiqué publié ce lundi. 

En parallèle à leur manifeste, les initiatrices ont aussi décidé d’entreprendre d’autres actions de plaidoyer. Contactée par le HuffPost Maroc, Sonia Terrab déclare que deux lettres ont été adressées aux autorités concernées. La première au procureur général du roi près la cour de cassation et président du ministère public, Mohamed Abdennabaoui, invite ce dernier “à suivre une politique pénale plus conforme à l’esprit de la Constitution marocaine et à la charte internationale des droits humains”. 

C’est une sorte d’appel au magistrat pour suspendre “immédiatement l’application de ces lois liberticides et arbitraires”, et à abandonner “les poursuites et exécutions des peines relatives aux relations sexuelles consenties hors mariage entre adultes, à l’avortement et à l’adultère”, précise le communiqué de presse. 

La seconde lettre a, elle, été adressée à la présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), Latifa Akharbach, et aux médias pour les inviter à “prévoir un créneau dans leur programme” dédié au débat sur les libertés individuelles au Maroc. 

 

 

Un mouvement en gestation

Le collectif des “hors-la-loi” envisage, par ailleurs, de déposer une pétition auprès du Parlement. “La pétition doit atteindre 25.000 signatures. Nous allons utiliser tous les moyens qui sont mis à notre disposition, aujourd’hui, par la Constitution, pour nous exprimer en tant que citoyens”, promet Sonia Terrab. L’objectif à terme est de mettre de faire petit à petit pression “pour que ces lois soient abrogées”. Mais pour y arriver, il faut que “la pression vienne des citoyens”, souligne avec conviction l’écrivaine. 

D’après celle-ci, le collectif est en train de se structurer en tant que mouvement. “Dans les prochaines semaines, on va s’organiser davantage et lancer un appel à tout ceux qui veulent nous soutenir, nous rejoindre”, annonce-t-elle. Acteurs associatifs, intellectuels, tous les Marocains seront invités à rejoindre le mouvement, poursuit notre interlocutrice. Et de souhaiter que ce mouvement s’élargisse au maximum à travers des antennes et relais dans les différentes villes du Maroc mais aussi à l’étranger “pour que l’on puisse être présents sur le terrain et pas seulement virtuellement”. 

Une plateforme sera également créée avec la liste complète des signataires. Elle servira de guide en apportant tous les détails concernant la procédure à suivre pour soutenir le projet et rejoindre le mouvement.