17/05/2019 18h:03 CET | Actualisé 17/05/2019 18h:03 CET

Le management participatif et par objectif: entre mode de gouvernance et culture de gestion

"L'organisation hiérarchique classique, le style de management autoritaire et les méthodes de gestion bureaucratiques ne peuvent favoriser l’approche managériale participative."

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MANAGEMENT - Aujourd’hui, le management participatif et par objectif (MPO) est devenu un style de management contemporain incontournable, catalyseur des performances collective et individuelle des organisations. En effet, il s’agit d’une conduite managériale fondée sur l’approche participative et axée sur le dialogue de gestion, le partage des idées et la responsabilisation des acteurs afin d’atteindre des objectifs assignés, en l’occurrence les résultats probants s’inscrivant dans la trajectoire cible de l’entreprise.

Cependant, la mise en place du MPO interpelle le mode de gouvernance de l’entreprise, spécifiquement son mode de pilotage. De ce fait, le MPO ne peut être bâti que sur une gouvernance transverse centrée sur les résultats et structurée autour des projets collectifs d’entreprise.

Dans le même sillage, le MPO est susceptible de procurer aux entreprises un avantage concurrentiel à travers son approche de gestion moderne, favorisant la fierté d’appartenance à l’organisation et par conséquent la mobilisation des efforts en vue de la réalisation du profit. D’autre part, cette nouvelle culture de gestion incite à l’innovation au sein de l’entreprise, du fait qu’on partage les risques et les responsabilités et même la prise de décision. De ce fait, chaque collaborateur motivé apporte une valeur ajoutée au système de gestion, par le biais d’une performance technique ou d’une contribution opérationnelle susceptible d’être qualifiée de créative.

Dans cet ordre d’idées, l’organisation hiérarchique classique, le style de management autoritaire et les méthodes de gestion bureaucratiques ne peuvent favoriser l’approche managériale participative. Le déploiement et le développement du MPO reste tributaire d’un certain nombre de facteurs tels que: la volonté du top management, l’organisation fonctionnelle, la capacité de gestion des collaborateurs et le mode de gouvernance adoptée.

En revanche, le changement de mode de pilotage, spécifiquement le passage du système moniste au système dualiste, facilite le déploiement de l’approche participative, gisement de productivité et facteur indéniable de motivation des équipes. La séparation des fonctions contrôle et direction est primordiale pour l’instauration du management participatif, et par conséquent, l’implication des collaborateurs dans la gestion et le fonctionnement de leur entreprise.

De ce fait, le mode de gouvernance dualiste sépare entre l’organe de surveillance qui veille sur les objectifs stratégiques de l’entreprise, consolidant les intérêts des bailleurs de fonds, et l’organe de direction qui met en œuvre la stratégie à travers des actions tactiques et opérationnelles, ne pouvant être réalisées sans l’implication des responsables et l’adhésion des collaborateurs de l’entreprise.

Cependant, la participation des ressources à la gestion et au fonctionnement de l’entreprise demeure essentielle pour un meilleur déploiement du MPO à tous les niveaux de gestion, d’où la nécessité de mettre en place un leadership d’influence conduisant tous les collaborateurs à s’inscrire dans cette nouvelle dynamique de gestion.

Dans cette optique, faire adhérer les collaborateurs aux processus décisionnels de l’entreprise permet de renforcer l’esprit d’appartenance à l’organisation et de mieux conscientiser le personnel sur les enjeux socioéconomiques de leur entreprise, mais cela dépendra aussi de la politique de l’entreprise en matière de délégation des pouvoirs et de partage des responsabilités. 

Par conséquent, en s’inscrivant dans la démarche managériale contemporaine du MPO, la tenue des réunions de cadrage et d’échange entre responsables et leurs collaborateurs doit se faire de manière systématique et continue en vue de piloter efficacement la gestion des projets participatifs (équilibrage entre dépendance hiérarchique et mode fonctionnel, recadrage des projets, suivi des échéanciers de réalisations des tâches, surveillance des indicateurs et analyse des contraintes, et adoptions de solutions…).

L’utilisation des outils de gestion tels que MS Project, Microsoft Excel ou autres est nécessaire pour le pilotage des performances individuelles et collectives, ainsi que l’évaluation des efforts entrepris dans le cadre de la réalisation des objectifs escomptés. Néanmoins, il ne faudra pas négliger le rôle des managers dans le suivi et l’encadrement des équipes.

Cependant, le MPO reste un exercice de gestion s’inscrivant dans un cercle vertueux, permettant l’évaluation des performances des équipes projets et la mise en œuvre des ajustements nécessaires au pilotage des activités, à travers l’animation d’un dialogue de gestion consolidant les valeurs de l’entreprise et ses impératifs de développement et de croissance.