ALGÉRIE
01/10/2018 09h:43 CET

Le journaliste et politologue Antoine Sfeir est mort

Spécialiste du monde arabo-musulman, le fondateur des "Cahiers de l'Orient" est parti à l'âge de 69 ans

Benoit Tessier / Reuters

Figure très respectée du monde politique et académique, il était aussi un visage familier des Français qui ont souvent entendu ses analyses sur Europe1 ou l’émission “C dans l’Air”. Le journaliste et politologue franco-libanais Antoine Sfeir est mort dans la nuit de dimanche à lundi 1er octobre, à l’âge de 69 ans, a annoncé la revue “Les Cahiers de l’Orient” qu’il avait fondée en 1986.

 

La nouvelle du décès de cet inlassable pédagogue du monde arabe et musulman a immédiatement été suivie d’une pluie d’hommages de la part du monde médiatique et politique, de gauche comme de droite.

“Antoine Sfeir était un passeur entre deux mondes, l’Orient et l’Occident. Il avait de l’Islam, dans ses multiples visages et dans son histoire, une connaissance profonde et chaleureuse”, a écrit le président du Modem François Bayrou en saluant un “ami”. “Grande tristesse d’apprendre la disparition d’Antoine Sfeir dont la parole était toujours bienvenue et instructive pour faire la pédagogie des complexités de l’islam et du monde arabe”, s’est émue la présidente LR de la région Ile-de-France Valérie Pécresse.

Plusieurs personnalités du monde des médias ont également rendu un hommage vibrant à la finesse des analyses de ce travailleur inlassable.

Grand spécialiste du monde arabe et musulman, auteur de nombreux essais sur le sujet, Antoine Sfeir était né le 25 novembre 1948 à Beyrouth. Il fut coresponsable du service étranger du quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour de 1968 à 1976, année où, en pleine guerre civile au Liban, il est enlevé par des milices palestiniennes qui l’ont torturé pendant une semaine. Une expérience qu’il évoquera par la suite et dont il garda toute sa vie des séquelles.

Il sera ensuite tour à tour journaliste à La Croix et au Pèlerin, collaborateur des journaux Le PointL’Opinion et Le Figaro, ainsi que des revues ÉtudesEspritAfrique et Asie Modernes et Politique internationale.

Imperméable aux polémiques et porté par un naturel pondéré, Antoine Sfeir avait néanmoins dû faire face à des accusations de complaisance envers le régime de Ben Ali, avec le livre “Tunisie, terre de paradoxes”, publié en 2006, et exhumé au moment du printemps arabe. Il reconnaîtra s’être trompé sur la nature du régime.

Chevalier de la Légion d’honneur, Antoine Sfeir présidait depuis 2014 l’ILERI (Institut libre d’étude des relations internationales). Avec son dernier opus, “L’Islam contre l’Islam: l’interminable guerre des sunnites et des chiites” (2012), il a remporté le prix Livre et droits de l’Homme à Nancy.

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