MAROC
26/02/2019 17h:01 CET

Le HCR lance une web-série pour casser les stéréotypes sur les réfugiés

Dans le premier épisode, on découvre le portrait de Abbas, comédien et réfugié irakien.

Capture d'écran.

PRÉJUGÉS - En mars 2018, le Maroc enregistrait plus de 6.900 réfugiés et demandeurs d’asile sur son territoire, venus de 50 pays différents et notamment de Syrie. Si le chiffre reste stable, d’après Jean-Paul Cavaliéri, représentant du HCR au Maroc, l’intégration de ces derniers est souvent, elle, difficile. Au Maroc comme ailleurs, préjugés et stéréotypes viennent compliquer la nouvelle vie de ceux qui sont venus chercher la paix et de meilleures conditions de vie. 

Pour lutter contre ces idées reçues et “promouvoir le vivre ensemble au Maroc”, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés Maroc (UNHCR), s’est associé à la plateforme digitale Jawjab. Ensemble, ils lancent la web-série “Welina Wehdin Menkoun” (Nous faisons partie de vous) qui “met en lumière des profils de réfugiés au Maroc de différentes nationalités”, souligne un communiqué du HCR. “Après avoir vécu les guerres et les persécutions, ils entament aujourd’hui une nouvelle vie au Maroc. Partie intégrante de la société qui les accueille, ils constituent une véritable richesse pour le Maroc”, ajoute le document. Le premier épisode a été dévoilé ce 26 février: “Quand j’ai vu le drapeau marocain, j’ai été soulagé”.

On y découvre Abbas, comédien et réfugié irakien au Maroc. Il raconte comment sa maison a été pillée, brûlée. Comment il a perdu partiellement l’usage de son oreille à cause d’une explosion. “C’est l’un des souvenirs les plus tristes que je garde de la guerre”, dit-il. Abbas dévoile aussi la dure vie de la liberté en Irak, lui, qui est comédien et menacé pour son art. “Si la pièce se jouait, le réalisateur et les comédiens seraient tués”. Il résiste alors et quitte l’Irak pour le Maroc. “Quand j’ai vu le drapeau du Maroc, je me suis senti rassuré. Je n’arrivais pas à croire que j’allais enfin vivre en paix”, dit-il.

Aujourd’hui, Abbas a repris son art en main, en toute sécurité. Il a même joué dans des films hollywoodiens tournés dans le royaume, “terre de cinéma”.  “C’est la plus grande des forces de voir la mort en face et d’y survivre”, assure-t-il désormais.