17/01/2019 14h:19 CET | Actualisé 17/01/2019 14h:19 CET

Le HCP prévoit un léger accroissement du taux de chômage pour cette année

Le HCP fait le bilan de la situation socio-économique du royaume en 2018 et dévoile ses perspectives pour 2019.

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PERSPECTIVES - Les tendances économiques ne sont pas des plus réjouissantes pour cette année. La croissance économique devrait ainsi connaître un ralentissement, d’après le Haut-commissariat au Plan qui a organisé une conférence, hier, pour faire le point sur la situation socio-économique en 2018 et ses perspectives pour 2019 au Maroc.

“Les prévisions économiques  2019 confirment le ralentissement de la croissance économique nationale de 3,6% durant la période 2010-2017 à 2,9% en moyenne entre 2018 et 2019”, a déclaré à cette occasion le Haut-commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi Alami. Une situation qui devrait en conséquence se traduire par de faibles créations nettes d’emploi. Une légère baisse du taux d’activité est donc envisagée et elle porterait le taux de chômage à 10,1% au lieu de 10% en 2018 et 10,2% enregistré en 2017.

Si la croissance économiques peine à décoller, c’est particulièrement en raison des difficultés qu’enregistrent les activités non agricoles, estime le HCP, affirmant que celles-ci ne parviennent pas à se réinscrire dans un sentier haussier. Leur croissance se limite à 3% seulement entre 2018 et 2019 au lieu d’une moyenne de 4,2% enregistrée durant la période 2008-2012, constate le HCP. 

Le secteur agricole, lui, a profité d’une pluviométrie généreuse. Les pronostiques du HCP estiment que le secteur aurait terminé l’année 2018 avec “un palmarès de performances remarquables aussi bien pour la céréaliculture que pour les cultures maraîchères et l’arboriculture, avec, toutefois, un léger ralentissement des activités de l’élevage”. Et de prévoir une valeur ajoutée agricole en progression de 3,9%, contribuant ainsi de 0,4 point à la croissance économique et le redressement de l’emploi amorcé en 2017″. 

Mais tous n’est pas rose. Ce secteur, affirme le HCP, a subi “le contrecoup d’un déficit pluviométrique généralisé combiné à une hausse sensible de l’amplitude thermique pendant le mois de décembre”. A cela s’ajoute aussi le fait que “la hausse de la production agricole notamment des cultures fruitières et maraichères n’aurait pas été accompagnée par une performance de l’industrie agro-alimentaire”. Ce qui, pour le HCP,  montre “le déphasage croissant entre les performances productives agricoles et les capacités de transformation industrielle, tenant en compte la faiblesse de la part exportée et sa concentration sur un nombre réduit de client”.

“Nous retiendrons dans le cadre du Budget Economique Prévisionnel 2019 l’hypothèse du retour probable d’une pluviométrie hivernale conforme à la saison normale. Ainsi et tenant compte de la poursuite de la dynamique de croissance des cultures irriguées et du redressement de l’avicole, le repli de l’activité agricole se limiterait à -0,4% seulement en 2019”, précise le Haut-commissaire au Plan.

La croissance économique, pour le HCP, continue d’être tirée par la demande intérieure, au moment où la contribution de la demande extérieure resterait, elle, négative, souligne encore Lahlimi Alami. Et de prévenir que la demande intérieure est appelée à connaître un recul passant de 3,6% en 2018 à 3,4% en 2019.  En cause, une légère hausse de la formation brute de capital fixe de 2,9% en 2018 à 3,2% en 2019 et d’une faible croissance de la consommation finale des ménages se situant à  3,5% en 2019, au lieu de 3,4% en 2018.

La consommation publique, par contre, afficherait, selon le HCP, un accroissement de 2,9% en 2019, après 2,2% en 2018. Mais c’est “la demande intérieure qui reste le moteur de la croissance économique de notre pays”, souligne Lahlimi Alami. Ce dernier a tenu à rappeler, à l’occasion, qu’à la présentation du Budget économique de 2012, le HCP avait mis en garde contre les “signes d’essoufflement du modèle national de développement”. “Nous en avions lié, à chaque fois, l’origine structurelle non pas à ce rôle moteur de la demande intérieure dans la croissance économique mais à l’insoutenabilité de son financement”, a-t-il affirmé, recommandant que “la résolution de cette question soit “au cœur des objectifs des politiques publiques dans notre pays”. 

Autre constat lié à la demande intérieur, Lahlimi a mis en relief le ralentissement des revenus des ménages: 6,1% d’accroissement à 3,5% en moyenne annuelle, au cours des deux périodes, 2000-2012 et 2013-2017. Quant au salaire brut, il évolue de 0,2% au lieu de 2,8%, avec une structure inégalitaire des salaires, précise la même source, indiquant que le salaire moyen mensuel est de 4.468dirhams, variant en 2016 de 2.877DH dans les entreprises à 13052 DH dans les administrations publiques.

Par ailleurs, le HCP estime le Maroc dispose d’un grand nombre d’opportunités qu’il n’investit pas. Lahlimi Alami soutient qu’il était possible pour le royaume de “diversifier des produits proches de la structure actuelle de production nationale et qui sont dotés d’un potentiel de compétitivité et notamment dans les filières à base de céréales, de fruits et légumes et de textile industriel, de chimie, de fabrication de machines et d’équipement”. Cela pourrait générer 3500 nouveaux produits, estime-t-il, affirmant qu’“il s’agit-là d’un champ ouvert pour les petites entreprises”. À condition toutefois que celles-ci soient appuyées par l’encadrement, le financement et l’encouragement nécessaire qui contribueraient à améliorer la complexité et la croissance de l’économie marocaine et réduirait par là le niveau des inégalités socio-économiques actuelles.