MAROC
03/07/2018 17h:53 CET | Actualisé 03/07/2018 21h:42 CET

Le harceleur marocain de la blogueuse allemande Susi Cruz a été arrêté

Après que son séjour à Chefchaouen a tourné au "désastre".

Susicruz/Youtube

HARCÈLEMENT - En arrivant au Maroc pour débuter son long voyage en Afrique, la blogueuse allemande Susi Cruz ne se doutait pas qu’elle allait rentrer chez elle dans les 48 heures qui suivent.

Après avoir été harcelée pendant son séjour à Chefchaouen, la jeune blogueuse a partagé sa mésaventure avec ses abonnés sur YouTube et Instagram en postant une vidéo où l’on peut voir le visage de son harceleur, un dénommé Hassan.

En quelques clics, son histoire a fait le tour des réseaux sociaux au Maroc, ce qui a pu alerter la police locale. Sans plus attendre, l’homme a été arrêté lundi pour “harcèlement, possession de drogue, et pour avoir travaillé illégalement en tant que guide touristique”, raconte Susi Cruz dans une story Instagram.

″Ça me rend furieuse que justice n’ait été faite que parce que j’ai partagé la vidéo alors que beaucoup de femmes [qui vivent la même chose] ne postent pas de vidéos. (...) Et ça me rend furieuse que des femmes et des hommes n’arrêtent pas de dire que ça n’existe pas. Cet incident ne concerne pas que moi, il concerne toutes les femmes qui vivent dans des endroits comme ça”, écrit-elle sur son compte Instagram qui compte plus de 50.200 abonnés.

Le portefeuille perdu de Susi Cruz, qui contenait notamment son argent, ses cartes bancaires et son permis de conduire, aurait également été retrouvé d’après Hespress, mais n’a pas pu encore être remis à sa propriétaire “vu qu’elle a quitté le territoire national”. D’après le site d’information, une enquête a été ouverte pour élucider cette affaire.

Un voyage qui tourne au désastre

La jeune aventurière qui, depuis août 2017, a décidé d’arrêter ses études et quitter son travail pour sillonner le monde à bord d’un van, a mis ses projets de voyage en pause après avoir vécu cette mauvaise expérience qu’elle décrit comme “un désastre” à Chefchaouen.

Son séjour dans le royaume a commencé par du harcèlement dans les rues de la ville bleue. À peine sortie pour se balader, la blogueuse se sentait déjà mal à l’aise.

Dans une vidéo publiée le 1er juillet dès son arrivée dans l’enclave espagnole de Sebta, la vlogueuse raconte son périple les larmes aux yeux.

“J’étais bien sûr habillée d’une façon convenable et respectueuse envers les traditions du pays (...) mais même avec des vêtements larges et qui recouvrent mon corps j’entendais des ‘psst psst’ comme si j’étais un chien. (...) Il y avait tellement d’hommes dans les rues. J’ai essayé de les ignorer, mais ils me faisaient sentir tellement faible. (...) Je ne pouvais plus être moi-même”, raconte Susi Cruz, ajoutant que quelques femmes sont venues la réconforter lorsqu’elle était en train de pleurer dans une des ruelles de Chefchaouen.

Susicruzz/Instagram

Parmi les personnes venues la réconforter se trouvait un certain Hassan qui prétendait être un guide touristique, d’après la Youtubeuse. De bonne foi, Susi Cruz le suit chez lui, et filme même quelques séquences avec lui pour son vlog.

Après avoir quitté sa maison, le faux-guide aurait proposé à la jeune femme de lui montrer une place où garer son véhicule. Mais une fois à l’intérieur de son van Volkswagen, le dénommé Hassan n’a plus voulu sortir.

“Il s’est allongé sur mon lit et me demandait de le rejoindre (...) il m’a embrassée sur le front (...) il m’invitait à m’asseoir sur ses cuisses... et moi j’essayais juste de trouver un moyen pour le sortir de là et fuir”, raconte la jeune femme dans la vidéo, la voix tremblante.

Susi Cruz finit par échapper à cette situation qu’elle décrit comme une “tentative de viol” lorsque le jeune homme est allé chercher des cigarettes. La jeune femme a alors saisi cette occasion pour fermer la porte de son van et conduire des heures jusqu’à Sebta.

Susicruzz/Instagram

“Ce que j’ai vécu, ce n’est qu’un aperçu de ce que vivent plusieurs femmes chaque jour. Après ce qui s’est passé, je veux féliciter toutes ces femmes fortes qui doivent être respectées. Plusieurs se sont habituées au harcèlement et l’ignorent. Ce qui semble être la seule solution pour l’instant mais ce n’est pas forcément la bonne. On ne peut pas changer les autres mais on peut seulement essayer de les inspirer pour qu’ils décident de changer”, écrit la jeune Allemande sur son compte Instagram en soulignant qu’elle ne souhaitait pas donner une mauvaise image du Maroc. 

“J’étais juste dans le mauvais endroit au mauvais moment avec les mauvaises personnes”, écrit-elle.