MAROC
07/08/2018 15h:37 CET | Actualisé 07/08/2018 15h:38 CET

Le gouvernement parallèle marocain compte proposer "un ministère de l'espoir"

Pour redonner confiance aux jeunes.

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DÉMOCRATIE - Ils se préparent. Les 25 ministres du gouvernement parallèle, qui entame son troisième mandat, viennent d’élire leur chef. A la majorité, et sans surprise, c’est l’ancien chef du gouvernement parallèle qui a été reconduit: Ismail El Hamraoui. Membre du Comité central du PPS, ce jeune homme souriant aux lunettes a décroché la majorité des voix après une élection en deux tours de vote qui s’est tenue le week-end dernier à Rabat.

Expérience à l’appui, le chef du gouvernement parallèle annonce au HuffPost Maroc que son équipe présentera à la fin de cette année un livre blanc. ”Nous y présenterons 20 mesures après consultation de différentes parties, notamment des députés, des partis politiques et d’anciens membres des gouvernements précédents”, déclare-t-il.

Projet ambitieux, le gouvernement parallèle en propose un, pour agir, dit-il, contre la crise sociale et économique. “Nous voulons aider à trouver des issues en agissant sur certains points”, indique Ismail El Hamraoui. Ces points ciblent ce que le gouvernement parallèle estime être des “défaillances” dans le gouvernement constitutionnel. Objectif: efficacité!

“L’une de nos propositions consiste en l’optimisation des secteurs gouvernementaux actuels en les réunissant dans un seul et même département. Par exemple, le secteur de l’eau, en ce moment, relève de plusieurs départements au lieu d’être concentré en un seul”, fait remarquer le chef du gouvernement parallèle.

Une répartition de l’organigramme du gouvernement que critique donc l’équipe d’El Hamraoui estimant son architecture “lourde” et “difficile à assujettir à une bonne gouvernance”. “Il y a nécessité de rétablir la confiance des jeunes marocains dont les études prouvent la volonté de quitter leur pays. Il faut leur redonner espoir et c’est pour cela que nous proposons la création d’un ministère transitoire de l’espoir”, affirme Ismail El Hamraoui. Et ce ministère, prévient ce dernier, n’est pas inspiré d’un autre décrété du bonheur aux Emirats arabes unis. “Rien à voir. Le ministère de l’espoir, comme le montre son intitulé, vise à redonner espoir aux jeunes en leur pays”, précise-t-il. 

En quoi consistera concrètement ce ministère de l’espoir? “Il aura à travailler avec l’ensemble des départements sur un programme intégré dont le succès devrait être évalué par des indicateurs scientifiques”, répond le chef du gouvernement parallèle. Dans cette optique, les politiques sectorielles seraient amenées à accorder aux jeunes une place importante dans leur mise en oeuvre en agissant surtout sur le fléau du chômage.

Des propositions, le gouvernement parallèle en a d’autres liées également aux jeunes qu’il représente, puisque la moyenne d’âge de ses ministres ne dépasse pas 25 ans. “Nous proposons que l’Etat offre une subvention supplémentaire de 20%, par exemple, aux partis qui prennent des mesures concrètes au profit d’une meilleure représentativité des jeunes”, annonce-t-il. 

Nous avons constaté, à plusieurs reprises, que des députés n’ont aucun niveau d’instruction alors que le pays regorge de compétences. Ismail El Hamraoui

Le gouvernement parallèle ne conteste visiblement pas la règle de la discrimination positive. Il propose également que, pour les prochaines élections législatives, les partis consacrent en plus de celle des femmes et des jeunes, une liste “compétences et cadres”. “Il est essentiel de faciliter l’accès au Parlement à cette catégorie. Nous avons constaté, à plusieurs reprises, que des députés n’ont aucun niveau d’instruction alors que le pays regorge de compétences”, déplore-t-il. Pour le gouvernement parallèle, le Parlement est appelé plus que tout autre jour à agir, dans le contexte de crise, en représentant leurs électeurs par des propositions de lois “qui défendent les droits des citoyens”.

Le gouvernement parallèle fixe la barre très haut. Ses 25 ministres qui ne touchent aucun salaire et sont même appelés à payer une cotisation de 300 dirhams (pour ceux qui travaillent) se préparent à relever le défi. 

Lancée en 2012 par le Forum des jeunes marocains (FJM), en partenariat avec l’Institut démocratique national des affaires internationales (NDI), ce gouvernement parallèle  poursuit sont chemin. Chaque membre du gouvernement parallèle suit les activités qui concernent son secteur pour en livrer sa propre lecture et élaborer sa vision et ses propositions. Chacun des 25 ministres est ainsi doté d’un cabinet de 5 personnes de son choix pour travailler sur les dossiers et se pencher sur les réformes.