MAROC
01/06/2018 12h:56 CET | Actualisé 01/06/2018 13h:09 CET

Le gouvernement appelle à l'arrêt du boycott du lait et dénonce l'impact négatif sur l'économie nationale

Les citoyennes et citoyens sont appelés à “mesurer” la gravité de la situation.

Saad-Eddine El Othmani/Facebook

BOYCOTT - Stop. Quelques jours après le plan d’urgence annoncé par le PDG de Centrale Danone, Daniel Lamblin, reconnaissant les pertes “significatives” qu’essuie son entreprise en raison du boycott, le gouvernement réagit. Dans un communiqué publié hier soir, celui-ci fait part d’un constat inquiétant et précise suivre “avec grand intérêt les développements que connait le boycott du lait”. 

Le gouvernement prend ainsi acte de la décision de la société de réduire la quantité de lait qu’elle achète des coopératives de 30% et des dommages que subissent en conséquence à la fois les agriculteurs et le secteur agricole. “De nombreuses coopératives de lait et de professionnels ont réagi, sollicitant que l’on remédie à cette situation”, souligne l’équipe de Saad-Eddine El Othmani. Et de cause à effet, le gouvernement met l’accent sur “les retombées négatives” d’une telle situation sur l’emploi dans cette société et dans les coopératives concernées. 

Partant de ce constat, le gouvernement souligne que “poursuivre le boycott peut avoir un impact négatif sur l’investissement national et étranger et ainsi sur l’économie nationale”. Il appelle les citoyennes et citoyens à “mesurer” la gravité de la situation et à ”éviter plus de dommages aux agriculteurs, au secteur agricole et à l’économie nationale en général”.

Un tissu industriel en danger 

Le gouvernement tient aussi à rappeler des chiffres: le secteur du lait emploie un réseau de 120.000 agriculteurs, soit 600.000 ménages. Du coup, “poursuivre le boycott risque de causer des dommages sérieux auprès des coopératives de lait et des producteurs qui y sont affiliés, et ils sont en majorité de petits agriculteurs”, tient-il à souligner.  Pour le gouvernement, tout le tissu industriel national dans ce secteur et dans d’autres qui lui sont liés est en danger. 

Pour cet appel  à l’arrêt du boycott, le gouvernement promet en contrepartie “de prendre des mesures visant à améliorer le pouvoir d’achat des citoyens”. L’équipe El Othmani réitère donc ses promesses faites il y a deux semaines, suite à son ”écoute” des citoyens. Le chef du gouvernement avait annoncé, entre autres, la constitution d’un groupe de travail appelé à se pencher sur les prix des produits de grande consommation. Une étude devra, elle, se concentrer sur les prix du carburant pour trouver des  équations en faveur du consommateur et dans le respect des engagements pris vis-à-vis des sociétés d’hydrocarbure.