21/02/2019 16h:58 CET | Actualisé 21/02/2019 17h:49 CET

Le gouvernement a assimilé la leçon du Conseil de la concurrence

"L'avis du CC est soumis à l'étude en ce moment".

Anadolu Agency via Getty Images

CARBURANT - Après la sortie virulente du ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Lahcen Daoudi, qualifiant l’avis du Conseil de la concurrence (CC) sur le plafonnement des prix du carburant de “politique” et d’“inacceptable”, le gouvernement rectifie le tir. Dans son point de presse hebdomadaire, tenu à l’issue du conseil de gouvernement, le porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, Mustapha El Khalfi, a déclaré, ce jeudi, que l’avis du CC est “actuellement soumis à l’étude”.

Preuve que le gouvernement accorde son intérêt à l’avis du CC, il exprime sa volonté de tenir compte des conseils que lui a donné Driss Guerraoui en vue “de prendre les décisions qui s’imposent”, indique El Khalfi. Et de préciser que “dans ce cadre, un dialogue est en cours avec l’ensemble des organismes concernés”, annonce-t-il.

Cette ”étude” devra se pencher sur l’avis du CC point par point. “Parmi les sujets, dont il est question, figurent le plafonnement des marges de bénéfice, les mesures de protection du pouvoir d’achat du consommateur et le renforcement de la concurrence”, ajoute El Khalfi sans plus de détails. 

Pour le CC, le gouvernement a commis plusieurs erreurs dans le lancement de la libéralisation des prix des carburants. Il cite, en premier, l’absence de mesures d’accompagnement et de mécanismes de compensation ciblant les segments les plus vulnérables et les populations à faible pouvoir d’achat. 

Autre erreur:  la non régulation du marché ayant provoqué, selon le CC, un déséquilibre depuis “la libéralisation mal préparée”. Le conseil a donc recommandé au gouvernement d’élaborer une vision claire et d’accélérer sa stratégie énergétique.

Le gouvernement devra donc investir et s’investir dans le renforcement et la gestion du stockage et stimuler la concurrence sur le marché de la distribution au détail. Il propose, entre autres, “de substituer le régime des agréments applicable aux stations-services par un simple système déclaratif, de supprimer l’obligation de disposer d’un réseau de 30 stations-services, d’encourager la création de stations-services indépendantes et de supprimer la règle de chaînage entre les stations”.

Opposé au plafonnement des prix estimant que “ce choix ne sera pas suffisant ni judicieux d’un point de vue économique et concurrentiel et en terme de justice sociale”, le CC n’a pas convaincu Lahcen Daoudi qui a entamé, mardi, des négociations avec le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM). Plutôt houleux, ce premier round a permis, selon Daoudi, de convaincre les sociétés du besoin du plafonnement.