TUNISIE
02/11/2018 18h:08 CET

Le Front populaire accuse: Ennahdha et la Coalition nationale refusent l’audition des ministres de la Justice et de l’Intérieur

Le Front populaire tacle Ennahdha et le bloc de la coalition nationale.

groupe parlementaire front populaire

Dans un communiqué de presse rendu public, le bloc parlementaire du Front Populaire a formellement accusé les blocs d’Ennahdha et de la Coalition nationale à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) de vouloir entraver les auditions des ministres de la Justice, Ghazi Jeribi, et de l’Intérieur Hichem Fourati, à propos des révélations et des documents récemment dévoilés par le collectif de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi.

Selon le Front Populaire, les députés d’Ennahdha et de la coalition nationale (groupe pro-Chahed) refusent de faire passer la pétition pour l’audition des deux ministres, faute de quorum. Ils ont prétendu, d’après la même source, que la requête d’audition n’a pas atteint les 109 voix requis et a été, donc, rejetée et ce contrairement au règlement intérieur du parlement. 

De ce fait, le Front populaire estime qu’il s’agit d’un faux prétexte en expliquant que cette décision n’a pas pris en considération l’article 147 du règlement intérieur qui autorise le bureau de l’ARP à accepter les demandes d’audition même dans le cas où le quorum n’a pas été respecté.

“Il n’est pas nécessaire d’auditionner les ministres de l’Intérieur et de la Justice” martèle de son côté le députe du bloc de la Coalition Nationale Karim Hilali en arguant dans une interview accordée au journal “Al Charaâ Al Magharibi”, que la justice s’est engagée à examiner les documents fournis par le comité de défense des deux martyrs. 

Il a estimé que l’affaire est actuellement entre les mains de la justice et qu’il n’y a aucune raison pour auditionner publiquement les ministres en question. 

Intervenant jeudi sur les ondes de Jawhara Fm,  le secrétaire général du Courant démocratique, Ghazi Chaouachi, a révélé que la pétition lancée sur fond des révélations formulées par le comité de défense dans l’affaire des martyrs et selon lesquelles le mouvement Ennahdha détient un appareil secret en lien avec les assassinats politiques, n’a collecté que 80 signatures. Il a encore précisé que les députés d’Ennahdha se sont opposés à cette initiative en ajoutant qu’à la suite de ce refus, le bureau du parlement a décidé de reporter l’examen du dossier à une date ultérieure.

Le 23 octobre dernier, une plainte contre l’organisation secrète rattachée au parti Ennahdha, ainsi que ses symboles politiques et sécuritaires a été déposée par le comité de défense auprès du tribunal militaire

Il est à rappeler que le comité de défense de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi a tenu au début du mois d’octobre une conférence de presse, durant laquelle il est revenu sur les circonstances de l’assassinat des deux militants de gauche, sous le thème: “L’organisation spéciale du mouvement Ennahdha après la révolution et sa relation avec les assassinats politiques: Des vérités révélées pour la première fois”.

Pointant du doigt le rôle joué par Ennahdha dans ces assassinats et présentant de nombreux documents, le comité de défense a mis en exergue l’implication de Mustapha Khedher, un militant d’Ennahdha, chez qui plusieurs documents relatifs à ces affaires auraient été retrouvés.

Le comité de défense a également affirmé qu’un appareil sécuritaire propre à Ennahdha a été mis en place par celle-ci, chargé d’espionner plusieurs personnalités politiques tunisiennes mais également des ambassades étrangères, ce qui fut démenti par plusieurs cadres du parti.

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