MAROC
02/06/2019 14h:49 CET | Actualisé 02/06/2019 16h:03 CET

Le Forum Handicap Maroc choisit de se décentraliser et de sélectionner ses candidats

Des ateliers pratiques de coaching sont aussi au programme.

Hanane El Arjoun

HANDICAP - Elle n’a pas dérogé à la règle. Comme chaque année, l’association Espoir Maroc organise le Forum Handicap Maroc pour favoriser l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap dans le royaume. Si l’objectif n’a pas changé, l’organisation a, elle, subi, quelques modifications, dont le choix de tenir l’événement dans plusieurs villes à commencer par Rabat le jeudi 30 mai. Le forum, qui se poursuit jusqu’au mois de décembre, aura lieu, ensuite, à Casablanca, Marrakech et Tanger. 

Le choix de décentraliser le forum pour ne plus le concentrer à Casablanca a bien ses raisons. Il est question d’“assurer une meilleure proximité des  personnes handicapées”, déclare au HuffPost Maroc le président de l’association Espoir Maroc, Karim Idrissi. Cette proximité géographique a dirigé le forum vers les entreprises locales. “C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous n’avons reçu que 8 entreprises, en comparaison aux éditions précédentes où on recevait 20 à 30 entreprises lorsque le forum se tenait uniquement à Casablanca”, explique Idrissi. Et de préciser qu’“aujourd’hui, on favorise les boîtes locales, on est dans une approche qualitative. Notre expérience nous a appris à construire une confiance entre les personnes en situation d’handicap et les employeurs”.

En plus de cette proximité, le forum a aussi opté pour la sélection des profils à inviter. Cherchant à éviter ce que la précédente édition 2017 avait connue, lorsque des personnes handicapées ont transformé le forum en une manifestation, les organisateurs procéderont dorénavant à la sélection des chercheurs d’emploi selon les postes qui pourraient leur correspondre “afin d’éviter toute frustration et sentiment de rejet”, annonce Idrissi.

En plus de créer un espace de rencontre entre employeurs et demandeurs d’emploi, le forum compte aussi à son programme des ateliers pratiques de coaching. “Je participe, pour la deuxième fois, au forum. J’anime des ateliers visant à préparer les candidats à l’entretien d’embauche”, déclare au HuffPost Maroc Nawal Farji, coach certifiée et consultante. Mais sa mission est surtout d’apprendre à cette catégorie à “faire de son handicap un levier de performance et une raison pour réussir et non un frein”. “On a choisi de tenir ces ateliers en début de journée, pour mieux les aider à passer leurs entretiens d’embauche”, en les préparant également au fait q’“une candidature peut être acceptée ou refusée”, souligne-t-elle. 

 Zakia Slaoui, directrice d’un cabinet de coaching anime, pour sa part, l’atelier “marketing personnel”. “J’ai essayé de sensibiliser ces personnes handicapées par rapport au rôle du marketing personnel, c’est-à-dire, qu’indépendamment de la contrainte du handicap et de son impact sur l’employabilité, on peut se concentrer sur ses points forts”, explique-t-elle. Développement personnel pour essayer d’améliorer son image, c’est ce que Slaoui tente d’apprendre à ces candidats “en faisant un travail sur soi, qui commence par une meilleure connaissance de soi. Il faut se connaître mieux pour pouvoir nous harmoniser avec les contraintes du marché”.

Bien que ces changements aient été avantageux, les offres d’emploi, elles, n’ont pas été satisfaisantes pour plusieurs visiteurs du forum à Rabat. “Je suis venu de Marrakech dans l’espoir de trouver un travail. J’ai une licence en droit, mais aucune entreprise, ici, ne peut me recruter. Elles me proposent des postes qui n’ont rien à voir avec ma spécialité”, constate amèrement ce licencié en droit de 26ans, qui affirme avoir reçu comme proposition de “faire du jardinage”.

Cela ne choque pourtant pas les organisateurs qui parlent de “contraintes normales”. Pour le président du forum, les affinités des candidats avec les entreprises sont un atout pour eux. “Comme dans tous les secteurs, il y a des sous-domaines, des filières. La majorité de ces personnes en situation d’handicap est très déconnectée par rapport au monde de l’entreprise”, observe-t-il. Et d’assurer que son association fait de son mieux: “si on parvient à aider au moins une ou deux personne (s), c’est déjà bien”.