TUNISIE
13/06/2018 13h:17 CET

Le FMI livre ses recommandations pour la relance de l'économie tunisienne

Le FMI estime que les perspectives à moyen terme pour l’économie tunisienne restent favorables, mais...

Yuri Gripas / Reuters

La Tunisie devrait réaliser en 2018, un taux de croissance de son produit intérieur brut réel (PIB) de 2,4% en 2018 et 2,9% en 2019, selon les prévisions du FMI publiées mardi dans un communiqué consacré à l’achèvement des consultations de 2017.

En effet, la croissance économique a pratiquement doublé en 2017, pour atteindre 1,9 %. Selon le FMI, cette amélioration est principalement due au rétablissement de la confiance. Cette dernière s’est renforcée en raison des améliorations sécuritaires et des premières avancées engrangées par le gouvernement d’union dans la mise en oeuvre des politiques et des réformes.  Toutefois, les investissements et les exportations sont restés médiocres, regrette le FMI.

En effet, d’après ses estimations, la croissance devrait atteindre 2,4 % en 2018 grâce aux bonnes récoltes et à l’embellie du secteur manufacturier et du tourisme. 

Quant au chômage, il devrait rester élevé à 15% en 2018 puis baisser à 14,8% en 2019, estime le fonds. L’inflation devrait, quant à elle, se situer à 6,5% au cours de l’année 2018, puis passer à à 5,9% en 2019. Ce taux s’explique par la dépréciation du dinar (dépréciation réelle de 10 % en 2017), les augmentations de salaire dans les secteurs public et privé, et la hausse des prix réglementés, souligne le FMI.

 S’agissant des investissements directs étrangers, ces derniers qui représentent 2% du PIB en 2018, devraientt passer à 2,5% du PIB en 2019.

Selon les prévisions du FMI, la dette publique brute serait de l’ordre de 73,1% du PIB en 2018 et devrait poursuivre sa hausse en en 2019 pour se situer à 73,3 % du PIB. Idem pour la dette extérieure, qui passerait de 83,7% du PIB en 2018 à 85,5% du PIB en 2019. Ces tendances s’expliquent par l’effet combiné du niveau élevé du déficit budgétaire et du déficit des transactions courantes, de la dépréciation du dinar, et de la croissance inférieure aux prévisions, précise le FMI dans son rapport.

A propos du solde des transactions courantes de la balance des paiements, il demeurerait toujours négatif tout en ayant une tendance baissière, pour se situer à -9,2% du PIB en 2018, et -7,8% du PIB en 2019. En 2017, le PIB de la Tunisie par habitant a été de 3,496 dollars pour une population totale de 11,5 millions.

Les nouvelles recommandations du FMI à la Tunisie

Les membres du conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) exhortent les autorités tunisiennes à renforcer “leur engagement à appliquer le programme de réformes économiques et à prendre des mesures décisives et urgentes pour placer les finances publiques sur une trajectoire plus tenable, corriger la hausse de l’inflation et la baisse des réserves, ainsi qu’assurer la stabilité macroéconomique”.

Dans son communiqué, le conseil d’administration du Fonds annonce l’achèvement des consultations de 2017 avec la Tunisie, et recommande de procéder avec détermination à l’assainissement budgétaire.

“Pour augmenter les dépenses d’investissement et les dépenses sociales, les mesures d’assainissement doivent donner la priorité au relèvement des recettes fiscales et à la limitation des dépenses courantes ”, lit-on dans le communiqué.

Les administrateurs appellent, également, les autorités à renforcer le recouvrement de l’impôt, à appuyer les départs volontaires pour les fonctionnaires, à éviter les nouvelles augmentations salariales si la croissance ne dépasse pas les prévisions et à appliquer une hausse trimestrielle des prix des produits pétroliers.

Ils applaudissent les mesures prises par les autorités pour préserver une protection sociale adéquate, notamment par des réformes équitables et durables du régime des retraites et soulignent, en outre, l’importance de programmes ciblés pour les catégories de population les plus vulnérables.

Les administrateurs se félicitent, également, du récent relèvement du taux directeur, estimant qu’un nouveau durcissement de la politique monétaire sera nécessaire pour atténuer l’inflation. ” La réduction des interventions sur le marché de change et l’assouplissement du taux de change contribueraient à améliorer le solde des transactions courantes et à reconstituer les réserves internationales ”.

Les administrateurs estiment que des réformes supplémentaires s’imposent dans le secteur financier et recommandant à accélérer les initiatives telle que l’adoption de lois facilitant la réduction des portefeuilles de prêts improductifs des banques.

Ils relèvent que les améliorations apportées au régime de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme aideront la Tunisie à pallier les insuffisances dans ce domaine.

Par ailleurs, ils invitent les autorités à redoubler d’efforts pour achever la réforme de la fonction publique, optimiser la sélection et l’efficience des projets publics d’investissement, ainsi qu’améliorer la gestion des entreprises publiques.

Ils rappellent également, que l’accent doit être mis sur la réforme du secteur de l’énergie, pour régler notamment, la question des subventions, et encouragent les autorités à progresser encore dans l’amélioration du climat des affaires, notamment en poursuivant la rationalisation du cadre réglementaire, ainsi qu’à promouvoir la bonne gestion publique et la transparence.

Les perspectives sont favorables 

Passant en revue les principaux indicateurs économiques de la Tunisie, pour l’année 2018, les membres du conseil d’administration du FMI ont estimé que les perspectives à moyen terme pour l’économie tunisienne restent favorables, avec une croissance prévue de 4 % d’ici 2022.

“Ces perspectives s’appuient sur l’hypothèse de l’application soutenue de réformes visant à améliorer la gouvernance et le climat des affaires, à élargir l’accès au financement, ainsi qu’à moderniser les institutions budgétaires pour en améliorer le fonctionnement et l’efficience ”, souligne encore le FMI.

“Les progrès enregistrés récemment, dont l’établissement de l’instance nationale de lutte contre la corruption, la création du guichet unique des investisseurs, les contrats de performance conclus avec les banques et les entreprises publiques, ainsi que les lois facilitant la réduction des prêts improductifs octroyés par les banques, vont dans ce sens ” estime encore le fonds.

D’après son site, le FMI procède, chaque année, à des consultations bilatérales avec ses pays membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s’entretient avec les responsables nationaux de l’évolution et des politiques économiques du pays. Un rapport est rédigé par les membres de la mission qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d’administration. Un résumé des opinions des administrateurs est communiqué aux autorités du pays concerné.

 

fmi/capture decran

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.