ALGÉRIE
09/10/2019 10h:27 CET | Actualisé 09/10/2019 14h:01 CET

Le film "Papicha" maintenu pour la course aux Oscars

Bertrand Rindoff Petroff via Getty Images
ANGOULEME, FRANCE - AUGUST 25: Awarded of three Valois for "Papicha", (L-R) Lyna Khoudri, Zahra Doumandji, Mounia Meddour and Shirine Boutella attend the Closing Ceremony of the 12th Angouleme French-Speaking Film Festival, Tribute to Luxembourger cinema : Day Six on August 25, 2019 in Angouleme, France. (Photo by Bertrand Rindoff Petroff/Getty Images)

Le nouveau long métrage “Papicha” de Mounia Meddour est toujours en course pour l’Oscar du meilleur film étranger, a appris HuffPost Algérie auprès du producteur. “Le Comité des Oscars a décidé de maintenir “Papicha” dans la liste des Oscars malgré la non projection du film en Algérie. Nous avons expliqué aux organisateurs la situation en précisant que le long métrage est interdit de projection sans explication de la part des autorités concernées”, a indiqué Belkacem Hadjadj dont la société a coproduit le long métrage, côté algérien, avec le Centre algérien du développement du cinéma (CADC).

Le Comité algérien de sélection a retenu, début juillet 2019, “Papicha” pour représenter l’Algérie aux Oscars 2020 dans la section du meilleur film international. L’Académie des Oscars impose que les films sélectionnés dans la longue liste soient d’abord projetés, pendant au moins une semaine, avant la fin septembre, dans les pays d’origine. L’avant-première mondiale du film s’est faite en mai 2019 au Festival de Cannes. Le 21 septembre 2019, l’avant-première algérienne devait se faire à la salle Ibn Zeydoun, à l’Office Riad El Feth, à Alger, mais a été annulée à la dernière minute sans explication de la part du CADC qui a organisé l’événement.

 Parler de “la décennie noire” dérange ?

“On ne sait pas si c’est lié à la situation en Algérie ou s’il s’agit de mesures de sécurité pour nous protéger”, s’est interrogée la comédienne Lyna Khoudri qui interprète le premier rôle, interviewée par Brut.  “Est-ce que c’est le contenu du film ? Est-ce que c’est l’image ? On ne sait absolument pas. C’est encore plus frustrant du coup de ne pas savoir pourquoi les Algériens ne peuvent pas voir un film qui parle d’eux, de leur survie, de leur espoir. C’est assez injuste”, a repris Shirine Boutela, autre comédienne.

 

Citée par Le Parisien, Mounia Meddour estime que revenir sur "la décennie noire" dérange en Algérie (L’histoire de "Papicha" se déroule dans les années 1990 avec la montée du courant islamiste radical). "On n’a plus aucun contact avec le ministère de la Culture. Depuis la démission de la ministre (Meriem Merdaci), de nombreux événements culturels ont été annulés en Algérie. Les infrastructures censées ces événements sont insuffisantes. Pour l’avant-première de Papicha, on avait 2000 inscrits dans une salle de 200 personnes", a-t-elle soutenu. "Papicha" sort ce mercredi 9 octobre en France à grand renfort de de publicité.