ALGÉRIE
14/08/2019 08h:30 CET

Le FFS face à sa crise existentielle: suspension de l’exclusion de Salima Ghezali, Hassan Ferli et Chafaa Bouaiche

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L’exclusion du FFS prononcée contre Salima Ghezali, Hassan Ferli, ancien SN à l’information et Chafaa Bouaiche a été suspendue, annonce un communiqué de la direction nationale publié mardi soir sur la page officielle du parti qui évoque une crise qui “ menace sa cohésion interne et son devenir”.

Le plus vieux parti d’opposition qui traverse une grave crise existentielle a étalé ses divisions au grand jour et s’est retrouvé pratiquement hors course du mouvement populaire enclenché le 22 février où beaucoup des idées qu’il défend depuis sa création sont débattues dans la rue.  

La déclaration de la direction nationale  titrée “Pour l’unité et la pérennité du parti” prend acte du fait que la Présidence collégiale n’est pas en mesure de “ trancher sur les différends comme le faisait feu Hocine Aït Ahmed” et estime qu’il revient au seul Conseil national issue du 5eme congrès (mai 2013) de mettre en oeuvre “toute solution visant à sortir le parti de la crise qu’il traverse et ce conformément aux statuts du parti.”.  

Ce retour au Conseil National de 2013 est un constat de fait de l’échec de l’Instance présidentielle, elle-même divisée et contestée. La direction du FFS a décidé, indique le communiqué, de “suspendre à compter de ce jour toutes les sanctions prises depuis le dernier Congrès National extraordinaire à l’encontre de ses militants, de traiter au cas par cas les autres sanctions prises avant ce Congrès et de réunir dans les plus brefs délais le Conseil National au siège national.”. 

Exclusion pour cause d’interpellation de Gaïd Salah

 Salima Ghezali, Chafaa Bouaïche, Hassan Ferli ainsi que d’autres députés sont ainsi réhabilités dans leur qualité de membre du parti. Salima Ghezali, a été exclue en octobre 2018, la direction nationale incarnée par Ali Laskri et Amokrane Cherifi, lui reprochant un article publié sur TSA dans lequel elle critiquait le chef de l’armée, le général Ahmed Gaîd Salah. Salima Ghezali lui reprochait notamment de “défendre ’un système autoritaire et corrompu (…) qui s’acharne à désorienter la société, à détruire le politique et à coloniser le militaire”.  

La raison invoquée pour exclure Salima Ghezali a particulièrement choqué de nombreux militants. Le couple Laskri-Cherifi a entamé ensuite une grande purge contre des cadres, dont Hassan Ferli, ancien Secrétaire national à la communication, Chafaa Bouaiche, ancien chef du groupe parlementaire et de nombreux autres militants. Des mesures qui ont aggravé la crise interne avec une quasi scission au niveau de la direction.

Une situation conflictuelle qui rend problématique la tenue d’un congrès. “Dans le contexte actuel il devient évident à tous que la désunion ne permet pas d’organiser un congrès national rassembleur.” indique le  communiqué évoque des “représailles” que le pouvoir “s’apprête” à prendre contre le “ parti et ses dirigeants pour leur soutien au mouvement citoyen et leur opposition intransigeante à l’agenda du régime visant à imposer une élection présidentielle sous son égide et sans transition”. 

Face à cette crise existentielle, la direction nationale propose la mise en place d’un comité ad-hoc “consensuel” pour préparer la tenue de ce conseil national de la survie et “réunir les conditions de sa réussite”. Le Conseil National une fois “rassemblé” est appelé à “débattre et acter la  décision d’annulation des sanctions” et adopter la “ feuille de route pour la préparation du 6ème Congrès rassembleur” et trancher sur la date congrès.

Il sera appelé à organiser un audit “ pour débattre sereinement des questions politiques et organiques et tirer les leçons des dysfonctionnements non pas pour situer des responsabilités qui sont collectives mais pour renforcer la cohésion interne et la bonne gestion du parti.”