ALGÉRIE
14/10/2018 09h:15 CET

Le FFS en crise: Salima Ghezali radiée, Chafaâ Bouaïche “suspendu”, Ahmed Sili démissionne

Selon les statuts, les sanctions doivent être notifiées sous huitaine par le président de la commission de discipline. Or ce dernier a lui-même démissionné

Facebook/Saima Ghezali

Salima Ghezali, journaliste, ex-conseillère de Hocine Aït Ahmed, député d’Alger a été radiée du FFS par la  commission nationale de médiation et de règlement des conflits tandis que le député Chafaa Bouaïche est “suspendu” pour une durée de six mois. 

Des décisions que le président de la commission, Ahmed Sili, a refusé de valider en présentant sa démission. Ahmed Sili qui aurait subi de fortes pressions dans une commission composée de partisans de Ali Laskri, crée une autre situation de crise car selon les statuts, les sanctions doivent être notifiées sous huitaine par le président lui-même. 

Les sanctions se retrouvent ainsi suspendues au règlement de cette question statutaire. Ahmed Sili entend s’expliquer devant le Conseil national dont la réunion est prévue pour le 19 octobre 2018. Pour des sources proches du FFS, la volonté d’éliminer Salim Ghezali est le fruit d’un accord entre les deux membres de l’instance présidentielle, Ali Laskri et Amokrane Cherifi.

La journaliste qui jouit d’un grand respect parmi les militants était considérée comme une concurrente potentielle à la direction du parti. L’argument de sa radiation, un article interpellant le chef d’état-major de l’ANP paru sur TSA, est “un prétexte grossier” explique-t-on. 

“Salima Ghezali est une journaliste connue, elle a dirigé l’hebdomadaire La Nation et aussi Libre Algérie, elle a exprimé un point de vue qui n’engage qu’elle même. Le problème de Laskri et Cherifi est que son écrit a été très apprécié par les militants”.

Chafaâ Bouaïche, député de Bejaïa, a écopé d’une “suspension” de six mois. Très présent dans sa wilaya, Chafaâ Bouaïche a mené une activité énergique contre les “mafias locales - et notamment celle du foncier” et n’hésitait pas à engager des batailles médiatiques frontales contre le Wali et autres responsables locaux. 

La décision “modérée” contre Bouaïche témoigne de la gêne qu’inspire ce député actif. Elle montre aussi à quel point que la “radiation” de Salima Ghezali pour un simple article est excessive et “politiquement motivée par une volonté d’éliminer un concurrent” estime une source au FFS.