MAROC
12/04/2018 17h:41 CET

Le festival de street-art Jidar revient à Rabat

Une dizaine de nouvelles fresques viendront orner les murs de la capitale.

Chadi Ilas/Jidar 2017

CULTURE - L’un des principaux événements de street-art au Maroc revient à Rabat. Le festival “Jidar, toiles de rue” se tiendra du 16 au 22 avril dans la capitale. Une dizaine de nouvelles fresques viendront tapisser les murs de la ville.

Pour cette quatrième édition, les artistes Sainer (Pologne), Decertor (Pérou), Milu Correch (Argentine), Zoer (France), Amaïa Arrazola (Espagne), Dimitris Taxis (Grèce), Mina Hamada (Japon), Iramo Samir (Maroc), Nelio (France), Mur0ne (Espagne), Dherzu Uzala (Mexique) et Ghizlane Agzenai (Maroc) feront jouer leurs bombes colorées sur les façades de plusieurs bâtiments rbatis.

“En donnant carte blanche à des artistes dont le travail s’inspire du patrimoine populaire d’hier et d’aujourd’hui, le circuit de Jidar 2018 se veut un véritable hommage au multiculturalisme”, indiquent les organisateurs sur le site du festival. “Qu’ils viennent du Japon ou d’Argentine, qu’ils soient des virtuoses du portrait ou des formes géométriques, qu’ils versent dans l’art du muralisme ou du lettring... Une chose est sûre: leurs fresques monumentales, contextualisées ou non, nourriront l’imaginaire collectif”.

Les oeuvres seront disséminées un peu partout dans la ville, de Bab El Had à l’Agdal, en passant par la route côtière et Hay Ennahda.

Jidar 2018

“Pour cette édition, il va y avoir énormément de diversité, Nous avons essayé d’inviter des pays n’ayant jamais pris part à ce festival, comme le Japon, le Pérou et la Pologne. Nous avons également essayé d’inviter plus d’artistes femmes, vu que la présence féminine dans ce genre d’événements reste limitée mais importante en même temps”, a déclaré à la MAP le directeur du festival Jidar, Mohammed Merhari, lors de la présentation du festival jeudi 12 avril au musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, sur lequel une fresque sera réalisée par l’artiste marocaine Ghizlane Agzenai.

Le festival permettra également à des jeunes street-artistes marocains en école d’art de s’initier au muralisme. Sélectionnés par l’équipe organisatrice, ils passeront “du statut de spectateurs à celui de créateurs”. Encadrés par l’artiste mexicain Dherzu Uzala, ils “affineront leur technique” sur la façade de Souk Al Amal, situé dans l’arrondissement de Yacoub El Mansour, précisent les organisateurs.

Des master classes avec les artistes Mina Hamada, Nelio et Ghizlane Agzenai seront également organisées le 18, 19 et 20 avril, de 10h à midi à l’Ecole nationale d’architecture (ENA) de Rabat.

Les étudiants de l’ENA pourront par ailleurs participer, le 20 avril après-midi, à un atelier de fabrication de totems en papier, animé par Ghizlane Agzenai. Le lendemain, les étudiants suivront un circuit organisé dans la médina pour disposer leurs totems dans l’espace public et les prendre en photo.

Wall painted in Barracas, Buenos Aires, for @sullaircultura

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Lancé en 2015 par la Fondation nationale des musées et l’association EAC-L’Boulvart, le festival “Jidar, toiles de rue” s’est peu à peu imposé dans le paysage urbain de Rabat, où plusieurs dizaines de murs sont désormais recouverts de fresques réalisées par des street-artistes du monde entier.

En janvier 2017, la capitale marocaine figurait dans la liste des meilleures villes pour les graffeurs contemporains selon le magazine spécialisé Artsy, aux côtés de Los Angeles, Buenos Aires, Lisbonne, Hong Kong et Melbourne. “Les pièces exposées forment un fascinant mélange de styles et de cultures. La géométrie et les éléments calligraphiques de l’art islamique traditionnel sont bien représentés aux côtés d’œuvres figuratives surréalistes”, notait Artsy.

“Nous sommes très heureux que Rabat apparaisse dans ce classement. C’était en effet une promesse que l’on avait faite lors de la première édition de Jidar: placer Rabat dans le réseau mondial des villes propices au street art”, nous confiait Salah Malouli, directeur artistique du festival. “Le plus important, c’est que les artistes repartent heureux et en parlent autour d’eux”, estimait-il.