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06/09/2019 12h:07 CET | Actualisé 06/09/2019 12h:07 CET

Le droit des gens

Ceci est une histoire de gens par les mots de maux des gens.

ANIS MILI via Getty Images

“L’origine est aussi à chercher dans le mot ‘frique’, nom que nous donnons encore au blé concassé et symbole du blé dont les romains étaient friands et qui étaient la principale source d’importation pour nourrir les armées romaines”.  

Ceci est un commentaire citoyen.

“L’histoire des compétences est un prétexte mensonger car vous pouvez toujours former un gouvernement avec tous les génies du monde, ils échoueront si leur environnement est corrompu. Comme c’est le cas en Tunisie”.

Ceci est un commentaire citoyen.

“On nous appris en mathématiques que l’addition des zéros donne un zéro mais pointé”.

Ceci est un commentaire citoyen.

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Puisque le peuple, malgré toute l’attention violente, sournoise et stérile, portée sur lui, est absent du débat de la présidentielle, pourquoi pas ne lui donner la prose pour écrire sa propre version? 

Ceci est une histoire cousue de commentaires plébéiens, par des patriotes et de compatriotes, qui se sont époumoner sur le net pour exprimer leurs doléances et leurs césures. Aucune usurpation de ma part, vu que ceux-ci sont du domaine public, autre que d’en faire un journal citoyen pour la mémoire collective au vu de ce qui se passe ces dernières semaines.

J’ai toujours lu avec beaucoup d’attention ces opinions qu’il soient foisonnants, divergents, insultants, brillants, lucides ou poignants. Après 8 ans, j’ai décidé de vous les présenter pour honorer la voix de la majorité silencieuse et sagaces sur le sort du pays. Quelques règles déontologiques: les commentaires qui font cette histoire sont réels, uniques, retouchés de leur orthographe ou ponctuation à 90% juste, intègres dans leur esprit et s’étalent de 2011 à 2019.

Cette histoire, vous la lirez, est révélatrice d’une double réalité. D’une part, le questionnement des citoyens montre la dissonance établie entre leurs préoccupations et rupture des promesses. D’autre part, la réaction des gouvernants à persévérer dans leurs nombrilismes successifs montre la réticence à ignorer les manifestations de désapprobations des politiques menées par l’État.

Permettez-moi, avant cela, un aparté, qui illustre le pourquoi de cette démarche.

À voir le passif quotidien du journalisme politique et des questions, clichées, répétées d’une émission à une autre et dans la même émission d’un candidat à un autre que les candidats, il y a de quoi s’étouffer devant tant de médiocrité érigée en vanité professionnalisée.

Le pire est de constater que ces mêmes journalistes sont dans le déni d’imputabilité lorsqu’ils sont confrontés sur le piètre à-peu-près dans l’exercice de leurs responsabilités avec un discours double-standard où ils peuvent juger mais gare à s’ils sont jugés ; là c’est l’affront à la “Horriyet Ettaabir” (“La liberté d’expression”), cette fameuse excuse, devenue enclume écœurante, qui a confondue depuis 2011, le presque tout sur le presque n’importe quoi sur le presque rien. N’est-ce pas une précaution fort civique, tout compte fait, que de cultiver la critique du critique, de mettre en question les repères du corps journalistique qui se présente comme vecteur de ces repères? Repères, entendons-nous, sans lieux communs.

Je ne crache pas dans la soupe, moi-même n’étant pas parfait ; par contre, je constate qu’il y a une pâte à ce métier. Hubert Beuve-Méry l’avait résumé: “le journalisme, c’est le contact et la distance”. Depuis le 14 janvier fondateur, le flou est institutionnalisé dans une profession de la confusion entre information et opinion. Télés, radios, et presse écrite ne font aucun examen de conscience et de compétence.

Moi-même journaliste, j’observe la plupart de mes pairs sombrer dans une hystérie intellectuelle, paranoïaque, pédante. La profession s’oublie et s’affranchie de la déontologie qu’impose une responsabilité morale et une rectitude apolitique, difficiles à cause du “contact et de la distance”, mais substantifiques pour se comporter, en ces années fondatrices pour la Tunisie, avec un aplomb pointilliste.

Prenons le fameux exemple de la Syrie. En quoi la Syrie fait figure de LA priorité de cette campagne présidentielle dans le domaine de la politique étrangère de la Tunisie? Que chaque journaliste nous rabâche à chaque émission avec chaque candidat. Rompre des relations sans mettre en place les éléments d’une sortie de crise prive la rupture de son utilité stratégique. Et si nous devons l’aborder, pourquoi ne pas préciser qu’une rupture de relations bilatérales n’est pas l’arrêt de la diplomatie mais qu’elle elle participe à une construction stratégique dans laquelle une certaine réaction de l’autre pays est attendue? Qu’avons-nous fait pour comprendre la position de la Syrie pour négocier une reprise des relations bilatérales l’expliquant à l’opinion publique?

La diplomatie est un métier qui a aussi sa propre pâte. Personne ne nous informe ou éduque sur le comment du pourquoi avec la Syrie. Allons-y alors. Un backchannel avec des diplomates d’un pays intermédiaire de confiance s’impose pour rétablir les discussions préliminaires aux fins de rapprochement avec la Syrie– ce n’est pas parce que tu le clames, Tunisie, que la Syrie va accepter la reprise de ses relations bilatérales. Pourquoi? parce qu’il faut négocier les conditions que la Syrie mettra pour l’accepter. La suite est un calendrier de réalisation pour faire de cette reprise un actif politique pour les opinions publiques respectives des deux pays. 

Restons dans le sujet. Personne ne questionne les candidats sur notre politique africaine, au-delà du Maghreb. La réalité fac-tu-elle du terrain dit que la Tunisie en Afrique n’y est pas présente comme l’Algérie ou le Maroc. Pourquoi? Parce que notre influence géostratégique est équivalente aux capitales où nos ambassades sont présentes. Prenez une carte, comparez et vous constaterez que nos voisins ont une diplomatie déployée sur le continent que la Tunisie n’a pas. En passant, l’Algérie et le Maroc, sont les deux premiers pays que le futur Président doit visiter back-to-back et dans cet ordre, en étant aphone et muet sur la question du Polisario car on le testera. 

Pour définir la politique étrangère du pays, les candidats pourraient se faire interroger sur leur compréhension, continent par continent, là où le bât blesse et comment y remédier dans les cinq prochaines années. Pour y remédier, il lui faut comprendre le fonctionnement administratif du Ministère des Affaires Étrangères avec ses Directions Générales, Ambassades, Consulats Généraux, Consulats, et Consulats honoraires. Somme toute, juste à elle seule notre diplomatie est un métier qui ne s’improvise pas en déclarations simplistes et clichés, repris par tous, journalistes et candidats confondus et confondants information et opinion. En fait, autant les journalistes que les candidats doivent être dans le data des dieux pour démontrer leur compréhension des responsabilités et des enjeux pour lesquels la Tunisie votera cet automne. Finissons avec le thème de la diplomatie pour positionner historiquement ce que la Tunisie a accompli car c’est un point d’ancrage pour ce qui se passe aujourd’hui en termes de représentation diplomatique. Dès 1956, les dirigeants tunisiens se heurtent à l’opposition entre la souveraineté pleine et entière de l’État et la nécessaire prise en compte des intérêts stratégiques, économiques et humains de la France en Tunisie et dans la région. Loin d’avoir su dépasser cette contradiction, Tunisiens et Français n’ont fait que la gérer au cas par cas, parfois de manière arbitraire, avec pour résultat final l’abrogation des conventions. Habib Bourguiba, président du Conseil depuis le 15 avril 1956, brûle les étapes et n’attend pas un mois pour remettre en cause la Convention générale. Il crée les ministères des Affaires étrangères et de la Défense dont il assure la charge, et nomme Taieb M’hiri ministre de l’Intérieur.

Tous les thèmes abordés dans cette campagne subissent le même passif informationnel et stratégique que subit le thème de la diplomatie à travers la Syrie ou les questions sur le Yémen, que nous avons diplomatiquement abandonné, et qui me donnent l’urticaire. Notre presse politique est 9 fois sur 7, oui 7, hors sujet car nous n’abordons pas les sujets dans leurs substances. Idem avec ces candidats qui viennent sur les plateaux pour se faire couper la parole, les brouiller par des chroniqueurs qui s’inventent orateurs pour étaler au lieu d’explorer en étant bref, concis, et to-the-point et laisser ceux-ci exprimer et surtout articuler leurs stratégies étayées et concrètes sur l’éducation, la santé, l’économie, la morale civique, la culture, la politique étrangère, et la moralisation de la politique et surtout nous convaincre du rêve pour ce pays.

Au lieu de cela, c’est la dictature “d’el wakt el wakt el wakt” dans les studios, comme si plus de questions feront plus de qualité. Ce temps qui nous domine, malmène, ne rame et ne rime jamais avec nos intérêts vitaux nationaux. Nous, les gens, devenons spectateurs, téléspectateurs, et auditeurs d’hémorragies verbales et quotidiennes. Des bof-parleurs hypocrites entre l’explicite et l’implicite nous balancent d’un courant à un autre, aidés par une presse politique, complice car se croyant contre-pouvoir qui ne contre ni sur le fonds ni sur la forme, ne posant jamais les question essentielles et qui pratique la phraséologie-réalité qu’elle est censée dénoncer. La Tunisie de la presse et de la politique, aujourd’hui, c’est Wadii Jarii.

Le président-teigne de la FTF enchaîne les déconvenues mais se confirme, à chaque revers, dans son poste. Dans un pays qui respecte et se respecte, il serait déjà parti mais il est manœuvrier des procédures et des courtisans. Voyez comment là nous avons un nouveau sélectionneur Mondher Kbaier, tounsi ahawka aad, qui rebelote à la Faouzi Benzarti, est manipulé pour manipuler l’opinion après la débâcle de la dernière CAN. L’art de l’oblique. A-t-il les moyens de ses ambitions si el Kbaier ? on le verra dans 6 mois. Mais notre Wadii, lui, sera toujours timonier. Idem en politique. Idem pour ces élections.

Comment voulez-vous avancer dans cette culture de la banalité et de la cacophonie euphémique qui associent sur un même axe syntagmatique toutes les contradictions et leurs contraires? Au lieu de se poser, de se concentrer, et de dégager une assurance qui nous rassure et nous éduque, notre presse politique, mais aussi culturelle et sportive, ne fait que s’exprimer dans la répétition et dans le sensationnalisme à deux dinars comme toute névrose incontrôlée, impensée et lacunaire.

Voilà pourquoi, je me suis tourné vers la plèbe submergée de notre iceberg national pour l’écouter, sans la censurer. Ceci est une histoire qui tient debout de commentaires fait en Tunisie par des Tunisiennes et Tunisiens de tout âge, orientations politiques et de toutes les régions du pays. Son titre est celui d’un commentaire. Sa narration est faite de commentaires – ad verbatim – que j’ai mis un à un pour les faire dialoguer. Ce ne sont pas des lamentations de nabbarras. Je ne les manipule pas. Je les pose là. Ils parlent d’eux-mêmes. Ils crient d’eux-mêmes. Ils proposent d’eux-mêmes. Et ils rêvent d’eux-mêmes.

Le Droit des Gens, plaidoirie de commentaires, orphelins, dans un internet vaste pour une Tunisie vétuste.

À nous,

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Désolée de vous le dire. Dès le 15 Janvier (2011), Ennahdha a su mener le jeu politique en s’alliant avec l’UGTT qui a non seulement immobilisé le pays à travers toutes les grèves qu’on a subi, mais aussi à travers les syndicats de toutes les institutions entre autres la Télévision Tunisienne qui leur a été acquise dès le premier jour. En relayant sans discontinuer leur discours mielleux et populistes sans jamais presque évoqué leurs méfaits passé et présent!

Une honte que je n’aie jamais ressenti sous Ben Ali, car tous les Tunisiens savaient que c’était une TV propagandiste et personne ne la prenait au sérieux. Les erreurs qu’on peut incomber à l’opposition ce ne sont pas ceux que vous croyez! Ils n’avaient pas assez d’argent pour mener une campagne digne à travers tout le pays, Ils n’ont pas été financés par des pays voulant un Tunistan. Et ils n’ont pas eu assez de force et de culot pour exiger l’invalidité d’un parti comme Ennahdha, criminel et récidiviste. De peur du ouï-dire! (Anti-islam). Et renforcer leur victimisation. Sans oublier que tous les médias à deux balles mangeaient au même râtelier. Pas besoin de le nommer pour la énième fois! Et ici je n’ai évoqué que très peu de leur véritable stratégie. Je crois que si on faisait des statiques, les personnes âgées et analphabètes guidés par leur famille pour voter doivent être d’un nombre assez conséquent. Rien que dans le bureau ou j’ai voté, j’ai passé le temps à les compter, (vu la file d’attente), ils tenaient à peine debout, mais ils étaient plus de 200 sur 1500 électeurs. Je n’ai pu compter tous, après j’étais partis. Sans oublier l’achat des voix modèle RCD persuasif à souhait pour le tunisien lambda.

  • (Lambda 1) : Pour rédiger une ordonnance on s’adresse à un médecin, pour établir des plans on s’adresse à un ingénieur, et pour écrire une constitution on doit s’adresser à un constitutionnaliste. Tout est affaire de spécialiste.

  • (Lambda 2) : Je ne partage pas ton dernier point lorsque tu dis que la Constitution est une affaire de chevronnés et spécialistes. Deux exemples me viennent à l’esprit: la Constitution américaine date de 1787. Elle a été rédigée par de braves gens, sans talents particuliers, et cela fait plus de deux siècles qu’elle est là, intacte et respectée et par tous les américains, du chiffonnier au chercheur à la NASA. Le second exemple vient du UK: les britanniques vivent tout simplement sans Constitution. Moralité: notre Constitution est un vulgaire produit des micmacs et des magouilles orchestrés par Ennahdha. Hélas, on ne peut pas diriger un pays, lorsqu’on n’a que du micmac et de la magouille, cela ne suffit pas.

  • (Lambda 3) : A mon humble avis, il est impératif de jeter ce torchon de Constitution à la poubelle et revenir à la Constitution de 1956. Celle-ci a été écrite par des patriotes, pour des patriotes qui respectent leur patrie et qui ont le sens de l’État.

Ce régime parlementaire empêche le gagnant de gouverner, c’est le système berlusconien voulu par Ennahda en Tunisie, c’est à dire des négociations sans fin entre les partis, c’est inefficace, cela freine une gouvernance saine et efficace du pays. Si en Tunisie, on ne sort pas de ce régime berlusconien, on continuera jusqu’en 2024 de régresser avec toutes les conséquences sur l’économie ; le pays est à genoux, on l’achèvera ; le pays sera rejeté par le FMI et les grandes puissances qui n’ont rien à faire des Frères Musulmans en Tunisie. L’unique souci est, je le pense, que vous prêchez aux sourds ! L’appel de la religion est un instinct qui se réactive quand on entre dans un gouffre identitaire et culturel. Peu de Tunisiens prennent la peine de lire leur histoire, encore faut-il qu’il y aient accès.

Faire appel à l’intelligence de personnes noyées dans le simplisme ne les ramènera pas à la raison. Il faut traquer les injustices et les mettre sur la place publique ! Nous sommes dans la culture de l’image et du buzz. Cette constitution ne nous sied pas. Diagnostic sans appel. Quelle est l’alternative proposée ? Rien. Et pour cause. Le régime présidentiel comporte de gros risques de dérives présidentialistes.

Le régime parlementaire est par essence instable surtout avec ce que l’a pris l’habitude d’appeler le tourisme politique. Que reste-t-il ? Ce système hybride. Est-il mauvais inadapté à notre réalité ou bien est-il plus simplement mal compris ou mal appliqué ? Je pencherais plutôt vers la deuxième hypothèse. Personnellement en 2014 j’ai choisi le candidat qui me semblait le plus à même de manier cette complexe constitution. Je m’aperçois que je me suis trompé comme certainement beaucoup d’autres. Par naïveté. Peut-être. Par altruisme, certainement. Notre constitution impose aux deux têtes de l’exécutif, un très haut SENS DE L’ETAT. Ce qui a très souvent manqué. Même si la constitution n’interdit pas explicitement l’intervention du Président de la République dans les “affaires gouvernementales”, le sens de l’Etat doit l’amener à plus de retenue et de discrétion quand il veut le faire. Organiser un “débat” pour aboutir à un programme de gouvernement sans la participation du gouvernement gêne l’action gouvernementale. Voire la bloque. Nous l’avons vécu à deux reprises. Et malheureusement, c’était à l’initiative du Président de la République. De l’autre côté, quand un gouvernement perd sa majorité même politique, il DOIT en toute loyauté remettre le mandat aux mandataires.

Et non changer de mandataires. Le changement de mandataires est une action exclusive et souveraine du peuple.

Je ne sais pas s’il existe une solution aux maux dont souffre ce pays, mais ce gouvernement n’en a pas, pourquoi s’obstine-t-il à rester en place alors qu’il fait partie du problème ?

Youssef Chahed est désavoué par ceux qui l’ont nommé, il devrait considérer que son mandat est fini. Il ne peut pas avoir les mains libres. Il n’a plus des mains, point. Un premier Ministre n’a pas à être libre, c’est le rôle du Président élu par le peuple. Le PM est en mission pour un parti ou une coalition de partis. Prétendre à la liberté (ça sonne bien) c’est en réalité se vautrer dans le désordre. S’il est en désaccord avec ce parti, c’est lui qui se retire, et s’il a raison, le peuple sanctionnera son parti aux élections. Le PM n’a pas à improviser des politiques personnelles. Regardez, dans le désordre des commentaires, où conduit votre analyse (pour une fois totalement erronée). Youssef Chahed n’est pas Ben Ali, il n’en a, ni les moyens, ni la légitimité (de l’époque). Il n’a pas à aller devant le parlement, ce qui serait une pure perte de temps pour le pays : il a été désigné à Carthage, il partira à Carthage, si on lui retire la confiance. C’est ça la dignité républicaine. Des intervenants très brillants proposent même qu’on le garde (sous-entendu même s’il n’est pas bon) parce qu’il ne reste “que” 18 mois. Si c’est pour avoir le dinar à 5 euros dans 18 mois.... Un bon gouvernement ramène la confiance dans les 100 jours. 18 mois, c’est 6 X 100 jours. Comme temps de récréation, ce serait un nouveau record mondial. C’est vrai qu’avec le yoyo du dinar, nous commençons à avoir du mal à compter.

Durant les derniers mois, les décideurs dans notre pays, paniquent devant le glissement de notre dinar, résultat direct du déficit de notre balance commerciale. D’un point de vu comptable, limiter l’importation peut réduire ce déficit. Dans la réalité complexe, ce n’est pas le bon chemin. Parmi, les mesures prises dernièrement les autorités tunisiennes ont soumis une liste de produits à une autorisation d’importation. Une lecture légère de cette liste peut donner raison à nos responsables, sauf que son application donnera exactement le contraire du résultat escompté. La réduction du déficit commercial, passe par un seul chemin, celui de l’amélioration de l’export. Tout effort doit être mis en contribution pour lever la moindre épine du chemin de l’exportateur. Sans le chercher, nos décideurs par cette mesure purement comptable, dressent une grande muraille de chine sur le chemin de nos principaux exportateurs. Je vous ferais la démonstration en ne citant qu’un seul exemple.

Croyez-moi vous pouvez faire une extrapolation au reste de la liste. Parmi les produits qui ont été soumis à une licence d’importation, on trouve les détergents. Cette décision ralentira dès le début de l’année prochaine les exportations des produits finis textiles. Une réduction attendue dans le chiffre d’affaire export, de quelques dizaines de millions d’Euro rien que pour le premier trimestre 2019. Les usines de textile sont appelées à faire des tests de résistance aux lavages, sur chaque lot de leur production, avec du détergent certifié et normalisé de référence, chez des laboratoires accrédités Tunisiens. Aux yeux de la loi, un détergent normalisé de référence destiné aux laboratoires, ou un savon de Marseille destiné à Madame Souad, c’est kif-kif. Il faut montrer patte blanche, caresser l’administration Tunisienne dans le sens des poils, attendre des semaines, voire des mois, pour avoir une autorisation pour quelques kilogrammes de produit.

Durant ce temps-là, l’exportateur lui, attend des résultats de test avec une production sur les bras, tel un parent emmenant son bébé à l’urgence pédiatrique attendant la grâce du dieu. L’Export lui peut attendre, la priorité est de limiter l’importation. Je n’ai cité qu’un exemple parmi des dizaines. Mon travail, en tant qu’ingénieur dans une boite d’ingénierie Tunisienne en relation avec tous les types d’industries dans notre pays et ailleurs, me permet de voir quotidiennement les souffrances grandissantes de nos exportateurs.

Cette crise est économique, sociale et surtout politique. Elle a été générée par les ambitions personnelles d’un petit groupe autour de Youssef Chahed qui n’a pas su faire passer les intérêts du pays avant le sien. Le vrai problème est peut-être que nos politiciens sont faibles et égoïstes. Le projet personnel a pris la place du projet national. Ils accèdent au pouvoir sans aucun filtre consistant, sauf la bénédiction des électeurs qui reste subjective. Avec un projet patriotique et des responsables filtrés par compétence, les résultats sont pratiquement certains, sous une démocratie ou sous une dictature. La démocratie est comme la dictature, elle présente divers risques. Une démocratie disciplinée et ciblée, de point de vue application, reste la meilleure solution (Japon, Allemagne). 

Après les constatations quelle solution pour sauver la situation? Le pays risque en effet de devenir ingouvernable, si la division du camp des démocrates et patriotes continue. Nul salut pour la jeune démocratie tunisienne sans une union large des partis progressistes allant de Afek Tounes jusqu’au courant démocratique en passant bien sûr par la reconstitution du Nida Tounes tel que BCE l’a imaginé. BCE n’est pas Bourguiba. C’est vrai il a de la clairvoyance, son discours apaisant est indispensable en ce temps difficile. Mais à la différence de Bourguiba doté d’un flair hors norme, il s’accommode au pire. Il n’aime pas l’exclusion. Et quelle différence!

Après cinq années sabbatiques du défunt Béji Caïd Essebsi à la tête de l’État et la dégradation de la situation pré-électorale polluée par la non-signature de la loi électorale, le banditisme politique est d’ores et déjà dominant de la scène politique. L’art de faire parler les morts! Pauvre Bajbouj, depuis sa mort, on n’arrête pas de parler à sa place et de le faire témoigner sur des choses peut être vraies (?) Mais absolument invérifiables. Zbidi, Riahi et les autres pourquoi ne parlent-ils que maintenant? Alors que les seules choses que nous ont apporté cette “révolution” sont : l’établissement d’une nième franchise des “frères musulmans” version Abd-el-frik (Merci les ricains pour ce fantastique cadeau !), le droit à n’importe qui de dire n’importe quoi y compris au parlement et dans les médias, l’explosion de notre endettement en un temps record, et la classe politique la plus bête et la plus avide du monde qui a creusé justement cet endettement. C’est beau la “Démocratie” ! Nos enfants vont nous maudire sur 10 générations car c’est eux qui vont payer les créanciers comme des esclaves.

Plus j’écarquille les yeux, comme pour mieux observer ce qu’on appelle le paysage politique, plus j’ai peine à voir plus que des gesticulations parmi les anciens comme chez les nouveaux venus au-devant de la scène lamentable et de lamentations. Le vide essentiel ! A qui cela profite-t-il ? A nos ennemis, sans doute ; ceux du dedans et du dehors. Ce qui signifie que le pays est occupé, tout simplement. Ni gauche, ni droite, ni centre : ce sont-là des termes dérisoires ! Un pays en déshérence ! Les profiteurs du dedans et du dehors bougent au vu et au su, sans masques. Pourtant. Pourquoi la lutte contre la corruption est en sens unique ? Elle n’a jamais atteint les vrais corrompus, les nouveaux Trabelsi, issus de la secte du gourou qui sont à la pelle. Jarraya que je ne défends pas a été pressé comme un citron puis mis en taule par ce qu’il est devenu dangereux pour le pouvoir en place. Slim Riahi que je ne défends nullement a été pressé comme un citron puis on connaît la suite. Il est aussi devenu un danger pour le pouvoir? Nabil Karoui a été utilisé via sa chaîne Tv quand il est devenu un redoutable concurrent pour le pouvoir en place on a accéléré son implication dès le décès de BCE car il n’a plus la protection de quiconque. Cette pseudo guerre contre la corruption sur mesure est commanditée par des parties bien précises contre des personnalités bien précises et non pas contre tous ceux qui sont accusés de corruptions actives ou passives, tout cela n’est pas saint et injuste. Oui pour la lutte contre la corruption qui atteint tous les corrompus et non pas contre certains seulement pour x malhonnête raison.

Ni le Sahelien, ni le Sfaxien, ni le Sud et en plus de Kebili ne voteront pas en masse Karoui et il n’aura pas un poids électoral à cause d’une concurrence agressive à Tunis ; seuls le centre et le nord-ouest sont acquis pour la cause “Karoui”. Il tombera dès le premier tour. La densité de population tranchera. A défaut de démocratie, vous nous installerez une “INAPTOCRATIE”.Ce n’est pas avec des salamalecs et des “missalechs” ou des “inchallahs” que vous allez sortir le pays de tous ses marasmes. Vous êtes des canassons abreuvés d’inchallah et vous ne serez jamais des ETALONS de course.

Je ne sais pas encore pour qui voter. Par contre je sais très bien pour qui NE JAMAIS voter!!

NON pour:

1) L’Islam politique et les “islamisants” de tout poil y compris les terroristes (une calamité historique!);

2) Youssef Chahed (parvenu, magouilleur, hautain sans raison valable, trois années d’échecs BASTA!!);

3) Les clowns de service hâbleurs et incompétents (Safi Said, Naji Jalloul, Kais Said);

4) Les fous (Hachmi Hamdi, Moncef Marzouki...)

5) Les loosers qui ne comprennent pas qu’il faut s’en aller avec un minimum de grâce (Hama Hamami, Mohsen Marzouk);

6) Les suspects (Slim Riahi, Nabil Karoui);

7) Les inconnus.

Il reste tout de même une petite brochette de candidats valables, honnêtes et raisonnablement compétents (Zbidi, Aidi, Jomaa, Mraihi, Rahoui). 

Serait-il plus facile de se débarrasser des ordures mafieuses, que des ordures ménagères? Bientôt se seront les chats, les rats, les odeurs nauséabondes qui nous crieront: DÉGAGE! Pour rester dans la fable animalière, prenons exemple sur les singes: il faut nous épouiller les uns les autres.

Croyant humer à longs traits un jasmin capiteux, on a fourré nos naseaux dans une figue de barbarie non épluchée ! Démocratiquement cela va sans dire.

Ceci fut une histoire politique de commentaires patriotes.

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