ALGÉRIE
23/08/2019 09h:38 CET | Actualisé 23/08/2019 10h:20 CET

Le drame du concert Soolking: ce n’est pas la fatalité qu’il faut incriminer

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Les Algériens se réveillent pour un 27eme vendredi de hirak et découvrent l’ampleur de la tragédie qui a eu lieu la veille au stade du 20 août à Alger pour le concert de Soolking. Ce qui est censé être une fête a viré au drame. Ce n’est pas la fatalité qu’il faut incriminer.

Bien avant la tenue du concert de Soolking, chanteur en vogue chez les jeunes, beaucoup s’étaient étonnés du choix de stade du 20 aôut. Pourquoi choisir un stade aux dimensions limitées situé au coeur de la ville alors que le fan-club du chanteur est grand et allait, nécessairement, drainer la grande foule? 

Que ce soit au plan purement commercial comme celui de la gestion des flux humains, le stade du 5 juillet s’imposait comme une évidence. La responsabilité de l’ONDA (office national des droits d’auteurs), organisateur du concert est également une évidence. Mais cela ne disculpe pas pour autant les pouvoirs publics et sécuritaires qui ont validé ce choix du 20 août pour un concert qui s’annonçait hors normes. 

Être “responsable”, c’est prévoir

Le pire est que ce choix du stade du 20 août ne semble pas être accompagné d’un dispositif visant à permettre la fluidité. Au contraire. Ainsi que le souligne Akram Kharief, au niveau de l’entrée située “sur la rue Rabah Takdjourt, la porte n’est pas suffisamment ouverte il y a bousculade…” et le drame qui arrive. 

Bien sur, comme il est d’usage de l’entendre, une “enquête” va être ouverte. Mais il est difficile de ne pas relever que le mauvais choix du lieu, un stade exigu, ne s’est même pas accompagné de la mise en place d’un dispositif pour rendre le mouvement des foules plus fluide. 

Personne ne pouvait s’attendre à ce drame, mais être “responsable” quand on organise des concerts de ce genre consiste à “prévoir”, à prendre les dispositions nécessaires et à concevoir le dispositif  en envisageant des situations extrêmes. Et la situation était d’emblée extrême: un stade de moyenne envergure et une foule attendue qui, sans surprise, sera énorme. 

Une accumulation d’erreurs

Si le 5 juillet n’était pas envisageable - on ne voit pas pourquoi d’ailleurs -, gérer dans des conditions optimales les choses au 20 aôut: ouvrir l’accès tôt aux détenteurs de tickets et éviter au maximum que les gens s’agglutinent devant les portes. Ou bien multiplier les portes d’accès.

Or, il semble bien que l’on ait tardé à ouvrir les portes alors que les gens étaient déjà présents… Et que trois portails, qui auraient pu être des voies d’accès supplémentaires, sont restés fermés. Et l’on est en droit d’attendre une explication sérieuse sur le fait que des milliers de détenteurs de tickets d’entrée étaient encore dehors alors que le stade était plein.

A-t-on vendu plus de tickets que ne le permettait la capacité du stade? Les entrées de complaisance - gratuites- ont-elles été si importantes? Il y a des réponses à apporter. La fatalité n’est pas en cause. Il semble que l’on soit devant une accumulation d’erreurs allant du choix du lieu à la gestion du flux. Cinq morts. C’est insupportable car cela devait être une fête.