TUNISIE
04/10/2018 11h:55 CET | Actualisé 04/10/2018 11h:59 CET

Le dirigeant d'Ennahdha Mohamed Ben Salem craint de nouveaux assassinats politiques et accuse les services de renseignement étrangers

"Quand les services de renseignement étrangers voient que la situation n’est pas tenable, cela leur donne l’espace nécessaire pour faire plonger le pays dans un chaos plus profond"

Zoubeir Souissi / Reuters

Invité à la radio Diwan Fm pour commenter les dernières révélations du comité de défense de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, accusant Ennahdha d’être derrière ces assassinats, le député Mohamed Ben Salem a affirmé que d’autres assassinats de ce genre pouvaient encore avoir lieu en Tunisie.

Interrogé par l’animateur sur la possibilité de voir un troisième assassinat politique de ce genre en Tunisie, le député d’Ennahdha affirme que “malheureusement cela est probable (...) Quand les services de renseignement étrangers voient que la situation n’est pas tenable, cela leur donne l’espace nécessaire pour faire plonger le pays dans un chaos plus profond, et cela n’est pas à exclure. Tout le monde est ciblé!” a-t-il déclaré ajoutant qu’en Grande-Bretagne malgré Scotland Yard, de telles tentatives ont pu avoir lieu, faisant référence à l’empoisonnement au Novitchok de Sergueï Skripal, ex-agent double russe sur le sol britannique.

 

“Ne nous étonnons pas que dans notre pays, qui est bien plus petit, que de tels actes puissent avoir lieu” a expliqué Mohamed Ben Salem.

Pointant du doigt les services de renseignement étrangers, il continue: “Il faut donner de l’importance à cette hypothèse”, que des services de renseignement étrangers soient liés aux assassinats politiques de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi: “Beaucoup de monde n’ont aucun intérêt et ne veulent pas voir une démocratie se mettre en place dans ce pays!”

Mohamed Ben Salem réfute ainsi toute implication d’Ennahdha sans ces assassinats: ”Dans le monde entier, on se demande à qui profite le crime? Car un crime ne se fait pas sans raison, il faut qu’il y ait un intérêt. Or il n’est pas possible que quelqu’un qui soit au pouvoir donne des instructions, contribue ou aide à ce qu’on le vire du pouvoir et fait en sorte que les choses s’enveniment” a fulminé Ben Salem.

“Le premier assassinat n’a pas suffit à ébranler suffisamment le pays, alors il y en a eu un deuxième pour que le pays ne soit plus gouvernable” a-t-il analysé.

Le comité de défense de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi a tenu, mardi, une conférence de presse, durant laquelle il est revenu sur les circonstances de l’assassinat des deux militants de gauche, sous le thème: “L’organisation spéciale du mouvement Ennahdha après la révolution et sa relation avec les assassinats politiques: Des vérités révélées pour la première fois”.

Pointant du doigt le rôle joué par Ennahdha dans ces assassinats et présentant de nombreux document, le comité de défense a mis en exergue l’implication de Mustapha Khedher, un militant d’Ennahdha, chez qui plusieurs documents relatifs à ces affaires auraient été retrouvés chez lui.

Le comité de défense a également affirmé qu’un appareil sécuritaire propre à Ennahdha a été mis en place par celle-ci, chargé d’espionner plusieurs personnalités politiques tunisiennes mais également des ambassades étrangères.

Enfin, Ridha Raddaoui, avocat et membre du comité a expliqué qu’il existe une “chambre noire”, inaccessible, au sein du ministère de l’Intérieur qui contiendrait des documents dangereux et pouvant faire la lumière sur ces assassinats: “Le directeur des archives à l’époque nous avait refusé l’accès (...) tout comme ses successeurs” a-t-il regretté. 

 

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