TUNISIE
07/09/2018 11h:14 CET

Le directeur du design d'Ikea raconte le plus gros raté de la firme suédoise

“C’est l’une des pires erreurs dans l’histoire d’Ikea, un incroyable fiasco”

TonyBaggett via Getty Images

DESIGN - Des meubles prêts-à-monter, simples, économes et pratiques... C’est en suivant cette ligne que la marque Ikea s’est imposée au fil des années. Mais la quête de la perfection du géant suédois n’est pas sans ratés.

Lors de la conférence “Democratic Design Days” à Sydney début septembre, le directeur du design d’Ikea, Marcus Engman, a présenté une série de produits emblématiques de la marque suédoise. Comme le rapporte l’édition australienne du site News.com, il s’est arrêté sur un produit en particulier, une création que la firme suédoise préférerait oublier.

“C’est l’une des pires erreurs dans l’histoire d’Ikea, un incroyable fiasco”, a d’abord prévenu Engman. Et l’ingénieur sait de quoi il parle: il est en partie responsable de cet échec. “Il y a certaines choses auxquelles nous n’avions pas pensé”, a déclaré le designer.

Le plus gros flop de la marque remonte aux années 80. Une équipe d’ingénieurs d’Ikea travaille dans les bureaux d’Almhult, une petite ville à cinq heures de Stockholm, et ils réfléchissent ensemble à la création d’un nouveau canapé innovant. Une idée leur vient. “C’est l’un de ces moments particuliers où l’on s’écrie ‘Eurêka!’ et où tout le monde sait autour de la table que c’est sûrement l’une des meilleures idées d’Ikea jamais pensées”.

 

Le produit rêvé?

Cette idée, c’est le “A.I.R sofa” (ou A.I.R canapé). Ikea propose un revêtement plastique que le client gonfle chez lui pour obtenir un canapé. Simplissime, le concept correspond aux cinq grands principes qui guident la création d’un nouveau produit chez Ikea: forme, fonction, qualité, résistance et faible coût.

“Quand on a réalisé que chaque foyer possédait un sèche-cheveux, l’idée était que les gens puissent le gonfler rapidement avec”, poursuit Marcus Engman. C’est là que les problèmes commencent. Ikea a supposé que les acheteurs rempliraient le A.I.R sofa avec un sèche-cheveux réglé sur “froid”. Erreur. “Les gens l’ont gonflé avec le réglage ‘chaud’ et nous n’avions pas pensé à cela car la chaleur fait fondre le plastique”, soupire encore Engman.

Un cas d’école pour tout ingénieur

Et ce n’est pas le seul écueil de ce canapé. La valve de gonflage laissait fuir de l’air après quelques jours d’utilisation. Les différentes parties du canapé, compartimentées, rendaient l’affaissement inégal. Une vraie partie de plaisir.

Les déboires du A.I.R sofa ne s’arrêtent pas là. Une de ses qualités principales, sa légèreté, permettait de le soulever à une main pour passer le balais en dessous. Mais le manque de poids a aussi été un défaut: “Nous n’avions pensé que si l’on s’assoie sur quelque chose de très léger, on a tendance à ne jamais être stable. On se retrouvait à littéralement flotter dans son salon”, se souvient l’ingénieur.

Cerise sur le gâteau: le couinement du plastique a été jugé insupportable. ”À chaque fois qu’on bougeait, on pouvait l’entendre”, s’est plaint le Suédois.

Ikea a dû brader ce produit pour écouler son stock et a perdu beaucoup d’argent, se souvient l’ingénieur. Curieusement, Marcus Engman dit aujourd’hui être “fier d’avoir été en partie responsable de cet échec”. Une leçon pour lui. Un cas d’école pour d’autres.

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