12/04/2018 12h:33 CET | Actualisé 12/04/2018 12h:33 CET

Le deuxième plus grand réservoir du Maroc s'est réduit de plus de 60% en trois ans

Les images en Timelapse parlent d’elles-mêmes.

Maria_Andeevna via Getty Images

CLIMAT - Les images parlent d’elles-mêmes. Ces trois dernières années, la superficie du barrage Al Massira, le deuxième plus grand réservoir d’eau du Maroc, s’est réduite de plus de 60%, selon une étude du think tank américain World Resources Institute (WRI).

“La dernière fois qu’Al Massira se trouvait à ce niveau, c’était entre 2005 et 2008, lorsque plus de 700.000 Marocains ont été touchés par la sécheresse et que la production de céréales a chuté de 50%”, rappelle le think tank spécialisé dans les questions environnementales.

Comme on peut le voir dans ces images en timelapse du barrage situé dans la province de Settat, prises entre 2015 et 2018, la réduction de sa superficie est flagrante:

L’activité de ce réservoir est pourtant primordiale pour la région de Doukkala, à qui il fournit l’eau destinée au secteur agricole, mais également au delà, puisqu’il dessert de nombreuses villes du royaume, dont Casablanca, relève le World Resources Institute.

“Alors que les niveaux du réservoir continuent à diminuer, la demande en eau continue d’augmenter. En plus de la demande croissante en eau urbaine et de l’expansion de l’agriculture irriguée, la ville de Marrakech prévoit de puiser dans l’eau d’Al Massira grâce à un important projet de transfert d’eau financé par la Banque africaine de développement. Le projet devrait être pleinement opérationnel cette année”, souligne le think tank.

World Resources Institute
Superficie immergée du réservoir Al Massira à travers le temps.

Le stress hydrique pourrait doubler d’ici 2040

S’il est difficile de savoir quels seront les effets directs du rétrécissement de la superficie du barrage, les conséquences du changement climatique et de l’augmentation de la demande en eau, notamment dans les villes, pourraient être préoccupantes.

“On s’attend à ce que le changement climatique diminue l’approvisionnement en eau tandis que la demande augmente, entraînant une augmentation du stress hydrique”, préviennent les auteurs de l’étude. Celui-ci pourrait doubler d’ici 2040. La demande en eau devrait quant à elle augmenter “de 60 à 100%” dans la plupart des grandes villes du Maroc, rappellent-ils.

Rafael Marchante / Reuters

Le secteur agricole fragilisé

Alors que le secteur agricole emploie près d’un tiers des Marocains et génère près de 14% du PIB, la diminution des ressources en eau risque de frapper de plein fouet le secteur et, plus largement l’économie du pays.

“Le Maroc aura besoin d’institutions fortes de gestion de l’eau et de filets de sécurité sociale adéquats pour aider les agriculteurs à traverser les périodes de sécheresse intense et prolongée”, préconise le think tank.

Comme la plupart des pays d’Afrique du Nord, le Maroc souffre de sécheresses récurrentes. En 2016, le pays a été frappé par la pire sécheresse en trois décennies, suivie par des pluies tardives et insuffisantes en 2017. Les précipitations récentes ont amélioré la situation, mais le Maroc pourrait encore faire face à des pénuries d’eau dès cet été.

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