TUNISIE
11/04/2019 11h:49 CET

Le désamour perdure entre les Tunisiens et la lecture

Le dernier sondage d'Emhrod consulting le prouve à plus d'un titre.

Anadolu Agency via Getty Images

Malgré les longues files d’attente observées à la Foire internationale du livre de Tunis, le désamour entre les Tunisiens et les livres semble perdurer. 

Le dernier sondage effectué par l’Institut de sondage Emhrod Consulting le prouve à plus d’un titre.

Réalisé entre le 1er et le 9 avril auprès de 1000 personnes, le sondage montre tout de même une légère amélioration par rapport aux précédents baromètres de 2018 et de 2015.

Ainsi, 73% des personnes interrogées déclarent ne pas posséder de livres à la maison, contre 74% en 2018 et 79% en 2015.

Pire encore, 89% des sondés avouent ne pas avoir acheté au moins un livre durant l’année écoulée contre 91% en 2018 et 86% en 2015.

82% des personnes interrogées affirment ne pas avoir lu de livre du tout alors que 17% ont lu au moins un livre. Des chiffres en légère baisse par rapport à 2018 et 2015.

Concernant leurs habitudes de lecture, 61% des personnes sondées affirment “ne lisent pas du tout de livres”, 4% seulement affirment lire “beaucoup de livres”.

Ce désamour entre les Tunisien et la lecture persiste depuis pas mal de temps déjà.

La directeur de la lecture publique du ministère des Affaires culturelles, Elyes Rebhi, avait affirmé au journal Al Chourouk en décembre 2018, que le Tunisien ne lit que 0,58 livre en moyenne par an alors qu’un Européen lit en moyenne près de 35. 

La Tunisie compte 423 bibliothèques publiques réparties sur tout le territoire dont 24 régionales et 36 bibliothèques ambulantes. 

Le nombre de livres présents dans les bibliothèques publiques tunisiennes, selon les derniers chiffres évoquées par Rebhi, s’élève à 7,4 millions. 

Selon lui, les lecteurs tunisiens des bibliothèques publiques se penchent sur les livres littéraires. “55% des lecteurs préfèrent les livres de grande littérature et de poésie. Alors que 38% d’eux optent pour les livres de sciences humaines et sociales et 8% pour les livres scientifiques” précise-t-il. 

Le nombre d’adhérents, quant à lui, s’élève à 171.254 membres pour un nombre de lecteurs estimé à 3.101.012 personnes.

Malgré la croissance du nombre de bibliothèques publiques, le nombre de lecteurs diminue. Ce recul pourrait être expliqué par l’arrivée de nouvelles générations moins consommatrices de livres papiers que leurs aînées. Mais ce n’est pas l’unique raison. De nouvelles salles de cinéma qui voient le jour, des mosquées qui poussent comme des champignons, des salles de sport et de musculation qui surgissent... seraient des alternatives, laissant la jeunesse tunisienne s’éloigner des bibliothèques publiques et des livres, selon Al Chourouk. 

Le Tunisien consacre en moyenne 50 heures par an pour la lecture. C’est ce qu’a révélé l’étude, “Arab Reading Index”, publiée le 6 décembre 2016, fruit d’une collaboration entre la Fondation Mohammed Bin Rashid Al Maktoum et le Programme de Développement des Nations-Unies (PNUD). La Tunisie se classe, ainsi, derrière l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc et les Emirats-Arabes Unis. 

Cette étude a noté, par ailleurs, que les Tunisiens préfèrent lire les livres en langue arabe, cependant, ils préféreraient les langues française ou anglaise quand il s’agit de lecture en ligne.

 

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