TUNISIE
17/01/2019 13h:41 CET

Le déroulement de la grève générale dans différents gouvernorats du pays

Paralysie quasi-totale dans plusieurs villes.

Zoubeir Souissi / Reuters

Plusieurs régions ont répondu à l’appel de grève générale de la fonction publique et secteur public décrétée par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) ce jeudi 17 janvier 2019.

SFAX

Ainsi, à Sfax, la grève a provoqué une quasi-paralysie dès les premières heures de la journée.

Contrairement à son accoutumée, la ville de Sfax semble plongée dans une léthargie profonde. Pas de bouchons, ni d’embouteillage. Les bus de transport public ont déserté les principales artères, cédant la place aux taxis qui se sont appropriés les rues.

Les prestations d’assistance minimales nécessaires et les services assurant des besoins vitaux à la population sont garantis, tels les cas d’urgence médicale et d’interventions pressantes de la protection civile ou de la STEG, a indiqué le secrétaire général adjoint de l’Union régionale du Travail (URT) de Sfax, Mohamed Abbes.

Il a, par ailleurs, relevé que l’union rejette le décret gouvernemental relatif à la mise en état de réquisition des fonctionnaires et agents des établissements publics, publié, mercredi, au Journal officiel de la République tunisienne, en concomitance avec la grève générale.

Comme l’UGTT, Il a qualifié d’ ” illégale ” la question de la réquisition, relevant que l’Union a ordonné à ses affiliés de ne pas se plier aux dispositions de ce décret.

Selon le responsable syndical, ” la grève se déroule sans incidents ”. Les membres du bureau exécutif qui sont en contact permanent avec les sections locales de l’Union se sont déplacés au port commercial, à la gare ferroviaire et la société de transport régional pour assurer le bon déroulement de la grève.

Les grévistes ont commencé à se rassembler pour se diriger vers les locaux de l’Union régionale du Travail où un rassemblement syndical est prévu. Une marche devrait ensuite conduire les participants devant le siège du gouvernorat.

SIDI BOUZID

À Sidi Bouzid, tous les services des administrations publiques sont suspendus, à l’instar des administrations régionales, des municipalités, du gouvernorat, des délégations, des recettes des finances, certaines banques ainsi que de la STEG et de la SONEDE.

Les écoles, les collèges et les lycées, sont fermés sur décision du ministère de l’éducation.

Les enseignants ont commencé, tôt le matin, à affluer vers le local de l’Union régionale du travail à partir duquel une marche devra prendre le départ pour protester contre ” l’échec programmé des négociations sociales avec le gouvernement”.

Des renforts policiers sont déployés aux environs de l’Union régionale du travail et tout au long de l’artère principale de la ville.

L’URT a par ailleurs rappellé à ces affiliés, dans un communiqué, les modalités de la grève tout en les incitant à participer à la marche prévue à partir de 10h du matin

GABÈS

À Gabès, le travail est suspendu, dans tous les établissements publics, à l’exception des secteurs et activités sensibles.

Les moyens de transports en commun (trains et autobus) sont absents de la circulation, mis à part quelques moyens de transport destinés aux travailleurs dans les secteurs sensibles.

A l’hôpital régional, le travail s’est limité au service des urgences et aux actes médicaux indispensables.

BIZERTE

L’activité administrative et les services liés au secteur public dans le gouvernorat de Bizerte, oscille pour sa part entre paralysie totale et partielle.

Une absence quasi-générale des fonctionnaires dans les administrations à travers la région a été constatée par l’agence TAP sur place, mis à part, notamment, les employés des tribunaux, du gouvernorat et de la direction régionale des affaires foncières qui observent une grève présentielle.

Les moyens de transport public désertent les rues. Les conducteurs d’autobus ont choisi de se rassembler devant les entrepôts.

Les taxis et les moyens de transport rural ont pris la relève pour assurer le service.

La foire du livre organisée, du 14 janvier au 14 février 2019, à la Maison de la culture Cheikh Idriss, a fermé ses portes.

Par contre, le travail se déroule normalement dans le siège central de la Poste, à Bizerte ville, ainsi que dans les services des urgences et de gynécologie-obstétrique, à l’Hôpital universitaire Habib Bougatfa.

En application des recommandations du conseil extraordinaire de la sûreté tenu, mercredi, au siège du gouvernorat, à la veille de cette grève générale, un important dispositif sécuritaire a été déployé autour des établissements publics et privés.

TOZEUR & MÉDENINE

Dans les gouvernorat de Tozeur et Médenine, le taux de participation à la grève frôle les 100%. Dans un meeting devant le local de l’Union régionale du travail à Tozeur, les travailleurs en grève scandent des slogans appelant le gouvernement à cesser de contenter le Fonds monétaire international et à écouter les revendications de la fonction publique pour des augmentations salariales.

Ils ont, ensuite, défilé dans une marche, en direction du siège du gouvernorat, en appelant le gouvernement à la démission.

Dans les discours prononcés par des syndicalistes, l’accent a été mis sur le refus par la centrale syndicale de la proposition du gouvernement de baisser l’impôt sur le revenu à la place des augmentations de salaire.

Selon le secrétaire général de l’Union régionale du travail, Mohamed Ali Hédfi, cette proposition est une manœuvre du gouvernement pour détourner les revendications des travailleurs.

Ce débrayage pourrait évoluer, par la suite, vers une grève générale dans les trois secteurs public, privé et administratif, avertit Hédfi.

GAFSA

Quant au gouvernorat de Gafsa, la grève a provoqué une paralysie totale dans les administrations et les entreprises publiques, lesquelles ont fermées leurs portes à l’exception des services d’urgences des hôpitaux de la ville qui ont poursuivi normalement leurs activités.

Le secrétaire général régional de l’UGTT à Gafsa, Mohamed Sghaier Miraoui a indiqué que le taux de réussite de la grève a atteint les 100%, précisant à cet effet qu’il n’y a eu aucune prise en compte du décret gouvernemental relatif à la mise en état de réquisition des fonctionnaires et agents des établissements publics.

La grève générale avait été décidée par la commission administrative nationale de la centrale syndicale le 24 novembre 2018, après l’échec d’une série de réunion de négociations avec le gouvernement, qui se sont poursuivies jusqu’au 15 janvier 2019.

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