MAROC
19/03/2019 14h:20 CET | Actualisé 19/03/2019 16h:53 CET

Le débat Belattar-Zemmour sur CNews, un face-à-face à couteaux tirés

"Puisque nous sommes entre Berbères"

Capture d'écran

POLÉMIQUE - Dès que la date de la rencontre Belattar-Zemmour a été dévoilée, le débat s’annonçait déjà très tendu. Et pour cause: les deux hommes représentent deux visages de la France que tout semble opposer. Invités par Pascal Praud, ce mardi 19 mars, dans l’émission “L’heure des pros” sur CNews pour débattre de l’identité française en 2019, l’humoriste franco-marocain et le polémiste et écrivain français se sont retrouvés dans un face-à-face à couteaux tirés. En découle une série de punchlines surréalistes, d’un côté comme de l’autre.

Dès le début de l’émission, le ton est donné. Eric Zemmour fait référence à la double nationalité de l’humoriste et demande: “Vous avez une double allégeance. Si un jour, il y a un conflit entre la France et le Maroc, qui est votre patron? Macron ou le roi du Maroc?”. En réponse, Belattar s’amuse d’abord du raisonnement de l’écrivain en l’invitant à aller poser la question à tous les bi-nationaux, ajoutant: “Je suis mieux que ça: je ne suis pas Français et Marocain, je me revendique afro-européen... Et je suis très fier de ce que je suis”.

S’en suit une succession de provocations. Belattar ose ainsi une allusion au faciès de son interlocuteur. “Que vous le vouliez ou non, vous avez une tête d’arabe. vous ressemblez à mon oncle Mahfoud au Maroc”, revenant sur son patronyme, Zemmour qui signifie “olivier” en berbère. “En berbère, pas en arabe, soyez précis”, souligne Zemmour.

“L’assimilation était le meilleur chemin pour devenir Français, et pour s’agréger à ce peuple français qu’on admire. Car il y a les Français de souche, et puis il y a nous, Yassine Belattar, c’est-à-dire des Français de branche (...) On profite de la gloire, de la grandeur, de la richesse de ce pays. Nous étions misérables, vous et moi, il y a quelques siècles, avant que la France n’arrive, on mangeait des nèfles!”, poursuit le polémiste.

Cet échange surprenant sera suivi par un autre moment marquant, qui a créé le malaise sur le plateau et n’a pas manqué de faire hurler les internautes sur les réseaux sociaux. Évoquant l’attaque de Nouvelle-Zélande, perpétrée vendredi dernier par un  terroriste extrémiste de droite, qui a ôté la vie à 50 personnes au nom d’un “grand remplacement”, Yassine Belattar a déclaré: “Le tueur de Nouvelle-Zélande nous dit ‘je suis venu en France, j’ai regardé la France, et j’ai écouté des journalistes’”. Et s’adressant à Eric Zemmour: “Vous êtes le lieutenant de cette pensée, selon moi. Aujourd’hui, vous avez une condamnation en justice, pas une accusation mais une condamnation qui, selon moi, vous élimine du débat public”.

“Quand on tue au nom de l’islam, pas d’amalgame, quand on tue au nom du Grand Remplacement c’est de ma faute?”, rétorquera Eric Zemmour.

Sur la question de la délinquance, autre moment de malaise à l’antenne. “70% de la population en prison est musulmane”, déclare Zemmour, évoquant un rapport parlementaire. Une information qui scandalise l’humoriste de 36 ans, qui s’interroge sur l’origine de ces statistiques.

L’humoriste rétorque: “Mais c’est de la petite délinquance. Les stupéfiants ce ne sont pas les meurtres ou la pédophilie (...) En tout cas il y a plus de blancs qui tuent leurs voisins et qui les cachent dans leurs jardins”.

Le débat se poursuit avec des piques de Belattar: “C’est quand même fou qu’un arabe fasse de l’argent avec un raciste... Et condamné en plus!”

Et des piques d’Eric Zemmour: “Dans les années 80, il y avait votre roi, enfin Hassan II, le père de votre roi actuel, il disait ’mes Marocains ne seront jamais Français, avait-il tort ?”, ce à quoi Belattar répond: “Je ne suis pas l’un des Marocains les plus exemplaires. Je suis fier de faire mentir le roi du Maroc sur ce plateau, en affirmant que je suis Français”.

En fin de cette rencontre pour le moins électrique, l’humoriste annonce qu’il s’agit de son dernier débat face à Zemmour auquel il présente même ses adieux.