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13/03/2019 14h:06 CET | Actualisé 13/03/2019 14h:06 CET

Le corps sacrifié

Reuters

Vous avez crée votre propre grammaire et vos souffles l’ont transformée et avec vous nous vivons les mêmes levers de soleil dont chaque rayon est gonflé d’espoir.

Ils peuvent bien se prendre les pieds dans les tapis, leurs vies trempent dans les égouts avec leurs propres turpitudes et leurs cerveaux moisis. Ils continueront à broyer le gris de leur existence et à s’enliser avec les cafards hideux, bientôt les rats viendront les rejoindre. 

Un cadre, un absent, un corps sacrifié celui du roi et “un peuple menacé de disparition plusieurs fois comme l’a écrit Karima Lazuli. “Afficher un vieillard malade ne peut plus effacer ce lieu de pouvoir que vous avez longtemps masqué”. Le cadre évidé l’a rendu visible.

Il va falloir nommer et prendre pour la première fois vos responsabilités messieurs les décideurs ! Vous voila nus, la confrérie des frères guerriers ! 

Vous avez étouffé le père, mangé son corps dans une messe obscure qui a duré des décennies et vous avez versé le sang de nos enfants. Votre imaginaire guerrier nous a spolié d’une partie de nos vies dont vous avez organisé le déni d’histoire .

Aujourd’hui nos mémoires se cautérisent, les secrets se déterrent et vos noces de tyrans-esclaves se finissent.

Les nuages ont froncé les sourcils pendant que les orteils écartés sur la mer, sur les balcons, prenaient le soleil. Vous avez cru la rue livrée toute à sa vacuité, mais elle ruminait, épuisée par ces années de doute et de colères étouffées. Les mots ont failli rouiller sous la pluie et, leur sens se gripper, quand un coup de sang sur les tempes ont rendu insupportables leurs silences .

Dites nous alors !

         - Qui parle ?

         - Qui nomme ?

         - Qui décide ?

“Quitte à être gouverné par un cadre” a crié la rue, “autant que cela soit par Mona Lisa” ! Carton rouge Messieurs !

Finie la légitimation par la guerre, vous avez menti, beaucoup, volé énormément et trahi  sans vergogne !