04/05/2018 16h:26 CET | Actualisé 04/05/2018 16h:26 CET

Le conseil provincial du tourisme de Ouarzazate accuse Royal Air Maroc de "saboter" la destination

"Ouarzazate est en train de vivre de terribles cauchemars avec votre compagnie."

FADEL SENNA via Getty Images

TOURISME - Le torchon brûle entre le Conseil provincial du tourisme (CPT) de Ouarzazate et la Royal Air Maroc. Dans une lettre envoyée vendredi 4 mai au président de la compagnie nationale, le président du CPT, Rahou Belghazi, ne mâche pas ses mots et dénonce les “pratiques de sabotage” de la RAM vis-à-vis de Ouarzazate.

Parmi les différents griefs imputés à la compagnie aérienne figurent les horaires tardifs des vols, les retards à répétition, les appareils affrétés qui ne disposent que d’un nombre restreint de places et la mauvaise gestion des bagages en transit, qui n’arrivent souvent qu’un ou deux jours après l’atterrissage.

Des pratiques qui, selon le président de l’organisation chargée du développement touristique dans la région, témoignent d’une politique visant “d’une manière claire à détruire cette destination et à faire fuir les tour opérators et agents de voyage opérant dans cette zone.”

Des “perturbations inexplicables”

“Depuis plus de 10 jours, les vols à destination de Ouarzazate connaissent des perturbations inexplicables, les vols qui devraient en principe arriver avant minuit, atterrissent plus de 3h plus tard”, déplore Rahou Belghazi.

“Il est inconcevable de continuer à programmer de petits appareils de 72 places pour une destination connue pour son très grand potentiel touristique, haut lieu du tournage cinématographique international et abritant de surcroît la plus grande station solaire au monde”, ajoute-t-il, précisant que les passagers de certains vols “n’arrivent pas à récupérer leurs bagages et sont toujours obligés d’attendre leur arrivée 24 ou 48h après, ce qui perturbe d’une manière très significative leur séjour”.

Exigeant “des explications dans les plus brefs délais quant à ces pratiques préjudiciables” pour la destination Ouarzazate “et condamnables par la profession”, le président du CPT demande la tenue d’une réunion d’urgence avec la RAM “pour trouver les solutions adéquates”. “Ouarzazate est en train de vivre de terribles cauchemars avec votre compagnie”, regrette Rahou Belghazi.

Une région enclavée

Mi-février, le conseil provincial du tourisme avait déjà adressé une lettre au ministre du Tourisme Mohammed Sajid, dans laquelle il exprimait l’“insatisfaction” des professionnels du tourisme concernant la nouvelle programmation des vols à destination de Ouarzazate.

L’enclavement terrestre et aérien de la ville avait été le sujet phare d’une journée d’étude organisée en novembre dernier à Ouarzazate par la commune de la ville et le conseil de développement et de la solidarité. Le ministre du Tourisme avait à cette occasion appelé à augmenter la fréquence des vols et ouvrir des lignes directes avec les capitales mondiales.

La RAM avait par ailleurs annoncé l’ouverture d’une nouvelle ligne Marrakech-Ouarzazate à 300 dirhams l’aller simple. Mais cela n’a visiblement pas suffi à désenclaver la ville dont l’économie repose en majorité sur le tourisme et qui reste tributaire de son accessibilité terrestre difficile par le col du Tichka.

Contacté ce vendredi par le HuffPost Maroc, le service communication de la compagnie aérienne n’a pas encore répondu à nos sollicitations.