ALGÉRIE
29/04/2018 11h:56 CET

Le Conseil national palestinien se réunit pour la première fois en 22 ans

Plus d'une centaine de membres du CNP ont annoncé qu'ils boycotteront la rencontre, notamment des dizaines d'alliés du Hamas.

TIMOTHY A. CLARY via Getty Images

Le Parlement de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) doit se réunir lundi pour la première fois depuis 1996, au moment où le président Mahmoud Abbas cherche à consolider sa position sur fond de tensions avec Washington.

Selon des experts, cette réunion du Conseil national palestinien (CNP), organisée à Ramallah, en Cisjordanie occupée, ne devrait pas entraîner de changement politique majeur. Mais elle doit aboutir à l’élection des 18 membres du comité exécutif de l’OLP.

Plus d’une centaine des 740 membres du CNP ont d’ores et déjà fait savoir dans une lettre qu’ils boycotteront la rencontre, notamment des dizaines d’alliés du Hamas -le plus grand parti palestinien derrière le Fatah de M. Abbas.

Samedi, ils ont appelé le président palestinien à reporter l’assemblée jusqu’à ce qu’un accord de réconciliation soit conclu entre les factions rivales.

Le CNP, qui représente les habitants des territoires palestiniens et de la diaspora, n’a pas tenu de session régulière depuis 1996 mais une réunion d’urgence avait eu lieu en 2009 à Ramallah.

La session qui s’ouvrira lundi et doit s’étendre sur trois jours, intervient alors que les relations entre M. Abbas et l’administration du président Donald Trump sont au plus bas avant le transfert de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem prévu le 14 mai.

Elle s’inscrit aussi sur fond d’un vaste mouvement de protestation réclamant le “droit au retour” des Palestiniens sur les terres dont ils ont été chassés à la création d’Israël en 1948.

Plus de 40 Palestiniens ont été tués par des tirs de l’armée israélienne depuis le début, le 30 mars, de ces manifestations massives le long de la frontière entre Gaza et l’Etat hébreu.

L’ouverture de la réunion du CNP est attendue lundi soir avec un discours de M. Abbas, 82 ans.

Les positions du président palestinien se sont raidies depuis que M. Trump a annoncé le 6 décembre le transfert de l’ambassade américaine.

En mars, M. Abbas a qualifié l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, favorable aux colonies israéliennes, de “fils de chien”.

Le président palestinien sera l’un des trois représentants du Fatah au comité exécutif, avec Saëb Erekat et Azzam al-Ahmed, négociateur de l’accord de réconciliation raté avec le Hamas.

Sept autres plus petits partis, parmi lesquels le Hamas ne figure pas, nommeront un candidat, tandis que huit candidats indépendants seront sélectionnés. Au moins 10 des 18 membres actuels du comité seront probablement remplacés.

Diana Buttu, ancienne collaboratrice de M. Abbas devenue une de ses critiques, rappelle que le mandat du président palestinien a pris fin officiellement en 2009. La scission avec le Hamas ayant bloqué toute élection, il est resté au pouvoir sans mandat.

“Le simple fait qu’il se tourne vers une institution qui ne s’est pas réunie depuis 20 ans montre à quel point il est illégitime”, estime-t-elle.