MAROC
09/01/2019 14h:17 CET

Le Conseil national de la presse lance des consultations pour élaborer une charte de déontologie

La charte de déontologie pour assainir la profession.

FADEL SENNA via Getty Images

MÉDIAS - “Nous devrons adopter, très bientôt, une charte de déontologie de la presse. C’est un projet sur lequel nous ne voulons pas travailler à huis clos”. C’est ce que déclare au HuffPost Maroc Younes Moujahid, le président du Conseil national de la presse qui vient de lancer des consultations auprès des professionnels afin de les joindre à l’élaboration de la charte de déontologie. 

Dans un communiqué publié hier soir, le conseil s’adresse aux journalistes, leur proposant de faire part de leurs propositions relatives à l’élaboration de la charte de déontologie via cette adresse mail: conseilnationaldepresse@gmail.com. Ceux qui souhaiteraient le faire sont appelés à envoyer leurs propositions avant le 21 janvier.

“Nous nous adressons principalement aux journalistes mais cela n’empêche pas les médias d’y participer aussi. Notre but est d’ouvrir un débat sur les priorités autour desquelles devrait s’articuler la charte et sur comment elle devrait aborder certaines questions”, précise Moujahid. 

Consultations via le net mais aussi d’autres plus élargies avec des partenaires. “Nous allons y joindre la société civile active dans le monde des médias, des droits des femmes et des droits de l’Homme, ainsi que des experts marocains de la question”, ajoute le président du conseil. Et de souligner que ces consultations s’accompagneront d’un débat national à travers les représentants des médias, notamment le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) et la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ). “De leur côté, à travers leurs instances, ils ouvriront le débat sur le projet de la charte qui devrait aboutir d’ici la fin de ce mois”, espère le président du conseil.

Ces consultations devront, pour le conseil, se pencher sur des “questions fondamentales et prioritaires”, notamment “la responsabilité professionnelle dans la recherche de l’information” et “le relais de la vérité”. Une responsabilité sur laquelle le conseil insiste dans son communiqué soulignant que la charte est appelée à faire barrage ”à la rumeur, la désinformation et la falsification”.

“Ce n’est pas une première charte qui sera élaborée au Maroc dans ce sens”, rappelle Moujahid, soulignant son importance pour le conseil: “Une fois ce projet achevé, la charte devra être publiée dans le Bulletin officiel (BO) pour que le conseil puisse entamer ses missions conformément à la loi”. Dès lors, l’exercice du métier de journaliste sera soumis à cette charte représentant une sorte de guide, mais aussi de règles à ne pas transgresser. Et pour cause, il s’agit de principes mondialement reconnus préservant le métier de servir d’outil contre autrui. Le conseil estime, en effet, que les questions du respect de la dignité humaine, de la vie privée et de la présomption d’innocence relèvent de priorités qui devraient nourrir les propositions des journalistes. 

“Nous avons deux rôles principaux à accomplir. Le premier est lié au traitement de plaintes que nous pourrions recevoir et suite auxquelles nous prendrons des positions. Le second consiste en l’auto-saisine qui nous permet de réagir dans certains cas”, explique Moujahid. Le conseil pourra ainsi, après adoption de la charte et sa publication au BO, réagir aux déviations que connait parfois la scène médiatique. Le fait le plus récent en ce sens a été la publication des photos de l’homme “travesti de Marrakech” dont la dignité a été bafouée de la sorte.