MAROC
18/07/2018 18h:14 CET | Actualisé 27/07/2018 18h:03 CET

Le collectif M.A.L.I répond au hashtag #كن_رجلا par #كوني_امرأة_حرة

Et s'attelle à une nouvelle “campagne estivale” pour défendre le droit des femmes à disposer de leurs corps.

FADEL SENNA via Getty Images

RESEAUX - Depuis le 9 juillet dernier circule au Maroc le hashtag كن_رجلا# (Sois un homme), qui encourage les hommes à faire en sorte que les femmes de leur entourage s’habiller de manière décente durant cette période estivale.

L’information largement relayée par la presse marocaine a provoqué un tollé auprès des défenseurs des libertés individuelles. Parmi eux, le collectif M.A.L.I. (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles), qui a lancé sur les réseaux un nouvel hashtag, #كوني_امرأة_حرة (Sois une femme libre): 

“C’est une campagne purement symbolique pour dénoncer le patriarcat et le paternalisme”, explique Betty Lachgar, porte-parole du mouvement, au HuffPost Maroc. ”Elle est issue des discussions que l’on a pu avoir sur les réseaux avec des personnes qui nous ont alertés sur l’existence de ce hashtag”.

Pour cette dernière, l’accent de cette campagne est notamment porté sur la dénonciation du “paternalisme” de #كن_رجلا: “Ils utilisent le terme ‘tes’ femmes, l’homme se pose ainsi comme celui qui serait en mesure de dicter la bonne conduite des femmes”. Avec #كوني_امرأة_حرة/Sois une femme libre, le collectif M.A.L.I. veut également encourager le “libre arbitre” des femmes: “On insiste sur le droit des femmes à disposer de son corps, elle est libre de se mettre en maillot cou de s’habiller comme elle l’entend”.

Chape de plomb  

Il faut dire que depuis quelques années déjà, de nombreuses femmes dénoncent la chape de plomb dont elles souffrent au Maroc, notamment en raison de la pression sociale subie en fonction de leurs vêtements. Beaucoup regrette ainsi la difficulté pour les femmes de se mettre en maillot sur une plage publique ou de porter un short ou une mini-jupe dans la rue, au risque de subir des regards désapprobateur ou du harcèlement sexuel. “Le corps des femmes est toujours sexualisé. Un homme peut se mettre torse nu, même dans des endroits où il n’en a pas le droit et cela ne dérange personne. Mais la poitrine des femmes reste un objet sexuel”, analyse la porte-parole de MALI. 

“Nos corps ne sont pas impurs ou des objets sexuels”, poursuit-elle. “Il faut que les femmes puissent s’habiller comme elles le veulent dans la rue, y compris en short ou en jupes. Certes ce n’est pas évident, c’est même très difficile parfois. Quand on effectue des campagnes de sensibilisation, beaucoup de femmes nous disent qu’elles ne le font pas ‘pour être tranquille’, mais faire cela c’est être complice de cette domination”.

Le mouvement, habitué aux actions chocs, prépare d’ailleurs très bientôt une nouvelle “campagne estivale” ayant pour objectif de défendre “le droit des femmes à disposer de leurs corps”.

Une campagne motivée par le fameux hashtag mais aussi par la vidéo ci-dessous de deux hommes, comparant le fait pour un homme d’aller à la plage à “pénétrer dans un hammam pour femmes”. L’un d’entre eux apostrophe également les femmes leur demandant la différence entre “se dénuder à la plage et se dénuder dans la rue”.