ALGÉRIE
23/09/2019 10h:01 CET

Le collectif de la société civile interpelle la classe politique: mettez-vous “clairement du côté du peuple”

Facebook/ collectif de la société civile
Réunion du collectif de la société civile

Le Collectif de la société civile pour une transition démocratique et pacifique a appelé, dans un communiqué rendu public hier, la classe politique et les personnalités à se positionner “clairement du côté du peuple” et  “d’être à la hauteur de ses aspirations pour le changement vers la nouvelle république démocratique sociale et civile.” Le collectif réaffirme son  soutien au Hirak et exige “la  libération de l’ensemble de détenus d’opinion et l’arrêt de la répression”.

L’appel à la classe politique survient au lendemain des grandes manifestations du 31ème vendredi du hirak populaire qui ont renoué avec l’amplitude des marches du printemps et alors que les retraits de dossiers de candidature et des annonces de candidatures se sont multipliées.

A l’opposé de Ali Benflis, dont les partisans sont déjà en campagne, parfois de manière très maladroite au point de susciter des réactions rageuses sur les réseaux sociaux, l’ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, a annoncé qu’il ne participera pas “ aux prochaines élections organisées par les autorités actuelles”

 Même si Benbitour a indiqué qu’il expliquera les raisons “ultérieurement”, il avait déjà souligné au début du mois qu’il est impossible d’organiser des élections rapidement “quelles que soient les bonnes intentions”. Ahmed Benbitour rejoint d’ailleurs le Collectif de la société civile en insistant sur le fait qu’il n’y a pas  “de refus d’organisation des élections” mais qu’il est , “nécessaire de créer les conditions adéquates”

 Des conditions qui sont très loin d’être réunies au yeux du Collectif de la société civile qui s’est inquiété de la remise en cause des libertés publiques du fait des arrestations arbitraires et de la mise en détention de militants politique.  Il a ainsi dénoncé la multiplication des “arrestations arbitraires” contre les citoyens lors de la marche des étudiants le mardi 17 septembre. Il s’indigne “ de la mise en détention des militants pour la démocratie, dont Samir Benlarbi et Foudil Boumala, poursuivis sur la base de leurs opinions et leurs engagements en faveur du changement pacifique.”

 

Fermer la capitale, une décision “invraisemblable”

Pour le collectif, ces faits traduisent une “volonté manifeste du pouvoir d’opter pour la répression comme seule perspective du dépassement de sa propre crise”. Le collectif pointe à cet effet la “décision invraisemblable et anticonstitutionnelle prise par le Chef de l’état-major de l’armée, de fermer la capitale le vendredi devant les citoyens des autres wilayas et de les soumettre à des mesures punitives totalement arbitraires.”

 Le Collectif souligne que cette “dérive autoritaire” menace les libertés garanties par la Constitution et les  textes internationaux relatifs à la protection des droits de l’Homme ratifiés par l’Algérie.

 La mobilisation “exceptionnelle” du 31ème  vendredi du Hirak est salué. “C’est une “mobilisation nationale, populaire et pacifique qui exprime sans équivoque un refus catégorique des élections que compte organiser le pouvoir le 12 décembre prochain” indique le communiqué en soulignant que cette démonstration citoyenne pacifique traduit le rejet du  “peuple algérien (...) de  la démarche autoritaire du pouvoir” et la réaffirmation de “ sa volonté d’exercer sa souveraineté loin des symboles du système, ses pratiques et de ses manœuvres.”

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