ALGÉRIE
06/11/2019 11h:56 CET | Actualisé 06/11/2019 12h:17 CET

Le Club des magistrats "déçu" et "surpris" par la décision du SNM de suspendre leur grève

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Algerian judges and prosecutors lift placards during a protest in front of the judicial council in the capital Algiers on October 29, 2019, against what they consider executive interference with the judiciary. - Courts across Algeria, including the Supreme Court, have come to a standstill, as judges and prosecutors began an open-ended strike on October 27 to demand the independence of the judiciary after a massive reshuffle that has affected thousands. (Photo by - / AFP) (Photo by -/AFP via Getty Images)

Le club des Magistrats (CDM) s’est dit “surpris” par la “décision unilatérale” du Syndicat national des magistrats (SNM) de suspendre la grève illimitée des juges après “la satisfaction de quelques revendications limitées qui constituent leurs derniers soucis”.

Dans un communiqué publié ce mercredi 06 novembre 2019, le club des Magistrats a rappelé que la majorité de ses cadres sont concernés par le mouvement opéré dans le corps de la justice par le ministre Belkacem Zeghmati, “contesté dans sa légitimité et membre d’un gouvernement non-constitutionnel et rejeté par le peuple”. Raison pour laquelle ses membres ont accepté de soutenir la décision du SNM de suspendre son travail judiciaire, convaincus que cette grève “allait soumettre le pouvoir exécutif et réaliser plusieurs acquis dans la bataille pour l’indépendance de la justice”.

“Une indépendance que les membres du club perçoivent depuis de nombreuses années comme un droit du citoyen de bénéficier d’une justice indépendante”, rajoute-t-on.

Le club des, “conscient du poids des pressions, des menaces, des sanctions publiques, implicites ou secrètes”, contre les magistrats, “qui les subissent depuis 2016, jusqu’au boycott de la supervision des élections présidentielles du 4 juillet dernier”.

Néanmoins, le club estime que l’accord entre le syndicat et la tutelle, dans cette période cruciale et sensible, ”était une déception pour beaucoup de ses membres et honorables juges, un choc pour une élite de la société algérienne”, qui a exprimé “sa solidarité et sa sympathie” pour un secteur “longtemps opprimé”, citant les événements “tragiques et horribles” qui ont eu lieu à l’intérieur de la Cour de justice d’Oran.

Dans le même communiqué, le Club des magistrats “affirme à l’opinion publique que ses membres n’ont pas été consultés dans cette surprenante décision”, rajoutant que “son soutien au syndicat était une demande de ses membres et en solidarité avec eux”. 

La même organisation affirme que le “soutien laborieux de magistrats loyaux” avait pour but de concrétiser “l’indépendance de la justice” et non pas “des revendications professionnelles et sociales”.

Le syndicat national des magistrats (SNM) a annoncé ce mardi une reprise du travail judiciaire à compter d’aujourd’hui 6 novembre après des grands efforts auxquels ont participé des “personnalités nationales” et des “parties souveraines” pour une “issue juste et honorable” du conflit entre les magistrats et le ministère de la justice.

Survenant au lendemain d’un durcissement de la situation après l’intervention musclée des brigades anti-émeutes à la Cour d’Oran, l’accord a été validé “par l’ensemble des membres du bureau exécutif. Il a été soumis individuellement aux membres du Conseil national et approuvé par 52 membres. 4 l’ont approuvé avec des réserves, 6 s’y sont opposés”.

De fait, l’accord ne remet pas en cause le mouvement national des magistrats annoncé le 24 octobre dernier par le ministre, Abdelkader Zeghmati et qui a suscité une bronca générale dans le corps des magistrats. C’était pourtant la principale revendication des magistrats qui avaient estimé que le ministère a décidé unilatéralement, sans même consulter le Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Le compromis trouvé consiste pour les magistrats qui contestent leurs mutations à aller formellement prendre fonction dans leurs nouveaux postes sans commencer le travail et d’attendre le bureau permanent du Conseil supérieur de la magistrature tranche sur leurs recours.