MAROC
09/04/2018 18h:20 CET | Actualisé 10/04/2018 12h:35 CET

Le cétacé échoué à Zénata n'était pas une baleine bleue

Chaque année, c’est une centaine d’échouages que connait le Maroc.

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ÉCHOUAGE - Dimanche, sur la plage de Zénata, près de Casablanca, la découverte d’un cétacé échoué a attiré les curieux de toute la région. Certains ont alors parlé de baleine bleue qui se serait suicidée. Non, répondent les scientifiques du réseau de suivi des échouages, chercheurs au laboratoire de biologie écologie relevant de l’Institut national de recherche halieutique.

“Ce n’est pas une baleine bleue, c’est un rorqual commun, une sorte de baleine de la famille des Balaenopteridae, son nom scientifique est précisément Balaenoptera physalus”, explique au HuffPost Maroc Dr. Imane Tai, la coordinatrice du réseau de suivi des échouages. Avec son collègue, Dr. Hicham Meski, cette dernière est intervenue sur place dès que les autorités locales les ont alertés.

“Sur place, la première chose que nous faisons, c’est d’établir un périmètre de sécurité selon l’importance de l’animal”, indique la coordinatrice du réseau qui travaille, en ce moment, sur un rapport relatif à cette échouage. Les premières constatations de ces scientifiques montrent qu’il s’agit d’un jeune individu femelle de 13 mètres, pesant 8 tonnes. Et puisqu’il est question d’une espèce migratrice, sa provenance ne peut être remontée avec précision. Quant à la cause de sa mort, il semble que ce soit plus compliqué. “Il ne porte aucune marque de blessure, la cause pourrait être naturelle”, suspecte Dr. Hicham Meski. 

En tout cas, l’état du cadavre de cet animal était en décomposition. “Il dégageait déjà des gaz et l’odeur était très envahissante sur place”, décrit la coordinatrice du réseau. Mais si l’odeur ne représente pas de réel danger, le fait de toucher le cadavre l’est. Tout contact peut présenter un risque, selon les scientifiques du réseau. “Il s’agit de mammifères marins, dont les espèces sont hôtes de plusieurs types de bactéries et de zoonoses. Si, par exemple, on a une petite blessure à la main et qu’on le touche, on risque d’attraper des bactéries, des virus mais aussi des parasites par la voie du sang”, met en garde Dr. Imane Tai, regrettant de constater que les curieux se rapprochaient trop près de l’animal mort malgré les mises en garde. 

En effet, autour du cétacé, certains prenaient des photos, filmaient des vidéos alors que des enfants montaient carrément dessus, transformant le cadavre en toboggan. Et, ce n’est pas un cas isolé, car, selon ces chercheurs, l’échouage de cétacés sur des plages suscite des situations similaires un peu partout dans le monde. La sensibilisation du grand public doit ainsi toujours accompagner les échouages de ce genre sur les plages, recommandent ces chercheurs.

Sur le cadavre du cétacé retrouvé sur la plage de Zénata, des échantillons externes ont été prélevés. Ceux-ci seront, ensuite, stockés dans une banque de tissus. Les scientifiques peuvent ainsi s’en servir pour des études liés surtout à l’écologie et la biodiversité. “Pour nous, un échouage nous apporte une mine d’informations, d’autant que c’est très difficile d’aller vers ces espèces marines migratrices”, précise Dr. Imane Tai.

Chaque année, c’est une centaine d’échouages que connait le Maroc. “Nous avons entre 120 et 130 échouages par par. Pour le rorqual commun, nous avons eu l’échouage de la même espèce il y a deux ans à Sidi Ifni et un autre l’année dernière à Tan Tan. On enregistre entre 1 à 2 échouages de ce genre par an au Maroc”, précise la coordinatrice du réseau.

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