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02/09/2018 15h:41 CET | Actualisé 02/09/2018 15h:41 CET

Le cas Baya

Art naïf, art brut, fer de lance de l’Arabie heureuse, soeur de Schéhérazade qui est Baya?

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Baya Mahedinne, née Fatma Haddad en 1931, orpheline à cinq ans, est élevée par sa grand mère dans une ferme coloniale. 

Elle commence à sculpter en argile les oiseaux et les fleurs qu’elle voit dans la maison de Marguerite Caminac à Alger où elle fait le ménage. Le sculpteur Peyrissac l’incite à les transcrire sur papier, à la gouache, gouaches qu’il va montrer à Aimé Maeght de passage à Alger en 1943. 

En 1947 elle sera exposée à Paris et préfacée par Breton qui évoquera “l’Arabie heureuse dont elle a pour mission de ranimer le rameau d’or” : Baya a seize ans ! Et on pense à la lettre de Frida Khalo adressée à Diégo où elle parle des surréalistes. en les traitant de “fils de p.. vivant comme des parasites aux crochets de vieilles peaux pleines aux as qui admirent le “génie” de ces “artistes”. 

Plus tard Khadda parlera de “spontanéité primitive qui a émerveillé un certain paternalisme”. 

En 49 elle rencontre Braque et réalise à Vallauris des céramiques. 
Mariée en 53 à un musicien de trente années son ainée qui lui fera six enfants, elle arrêtera de peindre pendant dix années. A sa mort elle créera sans frein et multiplira les expositions en Europe, à Cuba, au Japon.

C’est en 1963 qu’elle participera à l’exposition “Peintres algériens” organisée par Jean Senac au Musée d’Alger qui recueillera ses oeuvres à titre “gracieux”.

Jean de Maisonseul alors conservateur du musée la poussera à recommencer à peindre sur grand format. 
Plus tard son oeuvre sera classée dans la collection Art brut de Lausanne.
Art naïf, art brut, fer de lance de l’Arabie heureuse, soeur de Schéhérazade qui est Baya? Quel sculpteur aurait-elle été si tous ces regards masculins empreints de clichés ne s’étaient pas posés sur son travail ? Quelle interprétation à donner pour ces oiseaux, papillons, fleurs, fruits, instruments de musique : des simples transcription d’objets du quotidien ? Et le cerne noir autour de ses personnages féminins ?

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