MAROC
17/01/2019 13h:16 CET

Le Canada devrait mobiliser 113 millions de dollars canadiens pour accueillir un million d'immigrés d'ici 2021

Le pays a besoin de main-d'oeuvre dans des secteurs clés.

Manjurul via Getty Images

IMMIGRATION - Le gouvernement de Trudeau élargit sa politique d’ouverture, et y met les moyens. En octobre dernier, le gouvernement canadien annonçait une révision à la hausse de ses objectifs en matière d’accueil des immigrés en prévoyant désormais l’arrivée de plus d’un million d’étrangers d’ici 2021, censés avant tout renforcer la main-d’œuvre qualifiée.

Pour accompagner cet effort, le gouvernement Trudeau a annoncé début janvier qu’il mobilisera pas moins de 113 millions de dollars canadiens pour améliorer les services de “pré-arrivée” des nouveaux immigrés canadiens, rapporte la chaîne CBC, citant le ministre canadien de l’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Ahmed Hussen.

Une somme qui, selon la même source, devrait bénéficier à 16 services assurant le pré-accueil des immigrés à travers le pays. “L’argent servira à connecter les personnes concernées à l’information et aux services, offrir des services d’emploi régionaux et généraux, encourager les immigrés à prendre les mesures nécessaires pour convertir leur licence professionnelle avant leurs arrivés et les mettre en relation avec les services d’établissement provinciaux et fédéraux une fois arrivés au Canada”, explique la même source. Le budget mobilisé devrait financer ces services jusqu’en 2023. Selon CBC, ce programme couvre notamment les immigrés économiques, les familles, les nouveaux arrivants francophones et les réfugiés.

Dans un rapport sur l’immigration, l’exécutif fédéral relève les seuils prévus à 330.800 immigrants cette année, puis à 341.000 immigrants en 2020. Il affiche une cible plus ambitieuse pour 2021 avec l’accueil prévisible de 350.000 étrangers, soit près de 1% de la population canadienne totale.

En 2019, le Canada accueillera donc 330.800 migrants dont 191.600 issus de l’immigration économique, notamment des travailleurs qualifiés et des chefs d’entreprise, 88.500 issus de la réunification de familles, 46.450 réfugiés et personnes protégées, et 4.250 immigrants au vu de circonstances d’ordre humanitaire ou autre.

Ce plan “soutient les entreprises et les employeurs canadiens en leur assurant d’avoir accès à la main-d’œuvre qualifiée dont ils ont besoin pour stimuler l’innovation”, expliquait en octobre dernier le ministre de l’Immigration, des réfugiés et de la citoyenneté, Ahmed Hussen.

Besoin de main d’oeuvre

D’après le rapport, le pays a besoin de main-d’œuvre dans des secteurs clés pour la croissance comme les technologies de l’information et de la communication.

“L’immigration permet au pays notamment de compenser le vieillissement de sa population et la baisse de son taux de natalité”, fait valoir Ahmed Hussen. La révision à la hausse des ambitions en la matière, notamment en 2021, a pour objectif “l’admission d’immigrants économiques hautement qualifiés”.

En 2017, le Canada a accueilli près de 286.500 nouveaux résidents permanents, un chiffre qui reste toutefois en deçà de ses objectifs en raison de délais d’établissement plus longs que prévus.

L’Ontario est la province qui a intégré le plus grand nombre de ces nouveaux résidents avec près de 112.000 personnes, suivie par le Québec avec plus de 52.000 personnes. L’an dernier, 39% des immigrants dits ”économiques” se sont toutefois établis à l’extérieur des grandes métropoles que sont Toronto, Montréal et Vancouver.

Une politique d’ouverture sur les travailleurs migrants, à travers laquelle Ottawa prend résolument le contrepied de son géant voisin qui a pris des mesures strictes contre l’arrivée des migrants.