TUNISIE
06/12/2018 19h:01 CET

Le Budget de l’État pour l’année 2019 sous l'oeil critique du FTDES

Le projet du budget de l’État pour l’année 2019 manque de réformes censées résoudre les principaux problèmes économiques et sociaux du pays.

Athitat Shinagowin via Getty Images

Chaque année, les débats s’enflamment et les analyses se succèdent autour de la loi de finances et du budget de l’État. De nouvelles mesures s’ajoutent, d’autres s’annulent. Un jeu d’équilibriste délicat que le gouvernement est obligé d’exercer en tentant de piloter et maîtriser ses finances publiques, renflouer ses caisses, booster sa croissance et surtout remédier aux lacunes des années précédentes. 

Mais visiblement ces projets se suivent et se ressemblent, sans qu’ils ne parviennent à transformer vraiment les équilibres, ou plutôt les déséquilibres, économiques et sociaux du pays. C’est le constat dévoilé ce jeudi 6 décembre 2018 par le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux, (FTDES) dans son récent rapport.

Passé au peigne fin par les experts du Forum, le projet du budget de l’État pour l’année 2019 ne fait pas l’exception. Basé sur des mesures jugées superficielles, ce dernier ne va pas au fond des vrais problèmes économiques et sociaux du pays. Il manque de réformes structurelles capables de promouvoir le développement économique du pays. 

Selon le rapport du FTDES, élaboré par l’expert économiste et le chef de service des Études, Abdeljalil Bedoui, le projet du budget de l’État 2019 revêt un aspect “d’embellie” pour dissimuler les vrais problèmes concernant la recrudescence du phénomène de l’économie parallèle, l’augmentation de l’inflation et le creusement du déficit commercial.

Dans son rapport, le Forum a pointé du doigt les hypothèses retenues pour  l’élaboration du budget de l’État. Il a estimé que ces dernières ne sont pas réalistes comme par exemple pour le prix de référence du baril de pétrole, le taux de croissance estimé pour l’année prochaine ainsi que l’évolution des importations et des exportations.

Le Forum explique que l’amélioration de la croissance économique relative à l’année 2018 était exceptionnelle. À ses yeux, cette hausse n’était pas le fruit d’une bonne politique économique mais plutôt des alliés de circonstances favorables dont notamment une récolte agricole record (exportation de dattes et de l’huile d’olive) et une saison touristique exceptionnelle.

En fait, ce projet, soumis actuellement à l’examen par les parlementaires, se met dans un contexte assez spécifique, une année électorale par excellence.

Selon le FTDES, le fait de ne pas avoir recours à de nouvelles taxes tout en accordant des avantages fiscaux dans une économie en panne, laisse penser que le projet du budget de l’État n’a aucune velléité à proposer des solutions efficaces aux grands maux de l’économie nationale. Au contraire, ce dernier pourrait enfoncer le clou et renforcer l’écart entre les promesses et la réalité.

Dans une conférence de presse tenue, ce jeudi, Abdeljalil Bedoui a estimé que le projet du budget continue de s’inscrire sur une courbe d’austérité, à travers l’augmentation des dépenses publiques de 8,5%, alors qu’il s’est avéré par rapport au taux d’inflation, que les dépenses publiques n’ont enregistré qu’une augmentation de 0,5% à prix fixe. 


Et de souligner que le gouvernement actuel est appelé à placer dans les priorités de ces actions le déficit commercial qui selon lui s’élève à 20 milliards de dinars au cours des prochaines années (soit la moitié du budget de la Tunisie pour l’année 2019).


D’après lui, il est nécessaire d’avoir l’audace politique nécessaire pour contrecarrer la contrebande, qui devient une vraie menace pour le tissu économique tunisien, faisant observer que l’informel et le non-structuré ont connu un bond qualitatif en Tunisie après la révolution.

 

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