11/04/2019 17h:53 CET | Actualisé 11/04/2019 17h:53 CET

Le Brexit pourrait avoir des conséquences économiques lourdes jusqu'au Maroc

En cas de "no-deal" avec l'Union européenne.

Yves Herman / Reuters

COMMERCE - Dérèglements économiques. Alors que le Brexit agite outre-Méditerranée, une étude menée par la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) révèle les conséquences économiques mondiales en cas de sortie sans accord de l’Union européenne. Et le Maroc n’est pas épargné. 

Depuis le 23 juin 2016, date du référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, Bruxelles et Londres n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur les modalités de sortie du pays de l’UE. Le Brexit, initialement prévu le 29 mars puis le 12 avril, a été une nouvelle fois repoussé, ce 10 avril. Les États européens l’ont fixé au 31 octobre prochain pour éviter le “no deal” qui “mettrait fin, du jour au lendemain, à 46 ans d’appartenance à l’UE, quittant le marché unique et l’union douanière sans période de transition”, rappelle l’AFP. Il entraînerait ainsi de lourdes conséquences économiques pour le Royaume-Uni, impacterait les autres pays de l’Union européenne mais toucherait aussi l’Afrique et ses exportations. Le Maroc est en tête des pays concernés.

“Le Maroc, le Ghana et la Tunisie font partie des pays africains qui perdraient le plus si le Royaume-Uni ne négociait pas un accord avant la fin de son mandat de sortie de l’Union européenne”, rapporte l’agence de presse Bloomberg qui cite l’étude réalisée par l’agence des Nations unies. Le royaume enregistrerait ainsi une perte de 97 millions de dollars d’exportation, le Ghana de 91 millions de dollars et la Tunisie de 49 millions de dollars.

20 pays africains au total seraient impactés, avec des pertes d’exportation pouvant atteindre 420 millions de dollars au total. En revanche, 11 pays ”augmenteraient leurs exportations de 3,66 milliards de dollars, l’Afrique du Sud, Maurice et le Botswana en tête”, ajoute Bloomberg. Pour les perdants, comme le Maroc, la CNUCED a un conseil. “Les pays qui souhaitent conserver cet accès au marché doivent négocier -et rapidement- avec le Royaume-Uni”. Car leur accès au marché britannique dépendait largement des accords commerciaux bilatéraux et des régimes préférentiels unilatéraux de l’UE.