MAROC
11/12/2018 10h:47 CET

Le Brésil se retirera du Pacte mondial sur les migrations

Après l'avoir adopté lundi à Marrakech.

France 24

INTERNATIONAL - Un pays de plus se retire du Pacte mondial sur les migrations de l’ONU, adopté lundi à Marrakech par près de 150 Etats. Le Brésil, qui a ratifié le pacte lors de la cérémonie où il était représenté par son actuel ministre des Affaires étrangères, Aloysio Nunes, était favorable à l’accord. 

Mais Jair Bolsonaro, le nouveau président brésilien élu en octobre dernier, ne compte pas l’adopter et “dissociera” son pays du Pacte mondial une fois qu’il aura pris ses fonctions le 1er janvier prochain. La nouvelle a été annoncée sur Twitter par Erenesto Araujo, son futur chef de la diplomatie brésilienne. 

“Le gouvernement Bolsonaro se dissociera du Pacte mondial pour les migrations qui vient d’être lancé à Marrakech, un instrument qui est inadéquat pour affronter le problème”, a écrit Araujo. 

“L’immigration ne doit pas être traitée comme un sujet global, mais en accord avec la réalité et la souveraineté de chaque pays”, a affirmé le futur ministre des Affaires étrangères. “L’immigration est bienvenue, mais elle ne doit pas être indiscriminée”, et “elle doit être au service des intérêts nationaux et de la cohésion de chaque société”, a-t-il ajouté.

Le Brésil deviendra ainsi le troisième pays d’Amérique latine à se retirer du Pacte, après le Chili et la République dominicaine récemment. L’accord de Marrakech, qui a déchaîné de virulentes réactions et de fake news, compte déjà 15 pays en retrait, essentiellement des gouvernements d’extrême-droite ou très conservateurs.

Pour l’heure, l’Autriche, l’Australie, la Bulgarie, l’Estonie, les Etats-Unis, la Hongrie, l’Italie, la République tchèque, la Lettonie, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie et la Suisse, entre autres, n’ont pas adopté le Pacte des Nations Unies ou ont gelé leur décisions après avoir approuvé le texte le 13 juillet dernier à New York. Le texte, destiné à renforcer la coopération internationale pour une “migration sûre, ordonnée et régulière”, doit encore faire l’objet d’un ultime vote de ratification le 19 décembre à l’Assemblée générale des Nations unies.

La sortie du Brésil de ce pacte illustre à nouveau un rapprochement entre le futur gouvernement brésilien et l’administration de Donald Trump, qui suscite de l’admiration chez Jair Bolsonaro. Ce dernier avait déclaré vouloir s’aligner sur la politique extérieure du président américain.

Ainsi, celui qui succèdera à Michel Temer a annoncé son intention de transférer l’ambassade brésilienne à Jérusalem, comme l’a fait Donald Trump, même si cette décision n’a pas été confirmée. Il a également affiché sa volonté de désengager le Brésil de l’Accord de Paris sur le climat, indique l’AFP.