ALGÉRIE
11/12/2018 09h:30 CET

Le biopic sur Ben M'hidi "n'a été ni interdit ni censuré" selon Azzedine Mihoubi

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi a affirmé, lundi à Alger, que le film “Larbi Ben M’hidi”, une des figures historiques de la Guerre de libération nationale, “n’a été ni interdit ni censuré”. Il a déclaré que la commission de visionnage “attend toujours” une réponse concernant les réserves que le réalisateur “s’est engagé à lever”.

Le ministre a apporté un démenti “catégorique” à la dernière déclaration du réalisateur Bachir Derrais sur “l’interdiction du film par le gouvernement”. Il a ajouté que les différentes institutions de l’Etat, en l’occurrence les ministères de la Culture et des Moudjahidine “ne sont nullement intervenus” dans cette œuvre cinématographique.

 

Le problème du réalisateur “n’est pas avec le gouvernement mais avec une commission légalement habilitée à apporter son regard sur des films historiques traitant de certaines personnalités spécifiquement”, a indique M. Mihoubi à l’ouverture d’une exposition sur “Les affiches de films algériens”.

Le ministre a expliqué que M. Derrais, qui est également producteur exécutif, “n’a toujours pas levé toutes les réserves comme il s’était précédemment engagé” avec la commission, ajoutant que le dernier procès verbal de celle-ci montre que ces réserves “demeurent pratiquement telles quelles” et qu’il n’a levé que “très peu” portant essentiellement sur “des aspects de forme”.

Précisant que le film a été visionné à trois reprises par cette commission, constituée d’historiens spécialisés, M. Mihoubi a indiqué qu’“après de longs discussions et débats avec le réalisateur, elle a émis des réserves sur la forme et d’autres sur le contenu, représentant 45”.

Néanmoins, a-t-il poursuit, “le réalisateur n’a pas tenu son engagement, ce qui a amené la même commission à renouveler sa demande à son adresse, à savoir la levée des réserves”.

Le ministre a mis en avant “l’attachement” des ministères de la Culture et des Moudjahidines à l’aboutissement de ce film, en dépit de toutes “les transgressions” de M. Derrais, tels que “le retard accusé dans la réalisation” et “le non-respect du scénario original”.

En conclusion, M. Mihoubi a affirmé que les deux ministères sont “les producteurs” de ce film et que Bachir Derrais “n’en est que le réalisateur et le producteur exécutif, et ne peut, donc, pas en disposer comme bon lui semble”.

Le ministère des Moudjahidine avait émis ses réserves début septembre dernier. La commission de visionnage et de sélection du Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre a rappelé que cette réalisation, étant en partie financée par l’Etat, se doit de “souligner la grandeur de la Révolution algérienne, le militantisme de son peuple, la glorification de ses héros dont Larbi Ben M’Hidi, dont le parcours de militant s’est distingué dans les grands moments de la résistance jusqu’à” sa mort. 

Bachir Derraïs et la société productrice ont été appelé à “de prendre en compte tous les aspects historiques” liés au parcours du martyr Larbi Ben M’Hidi, tout en “respectant le projet du film”.

Selon le réalisateur, les “réserves” de la commission concernent “45 sur 80 scènes du film”.