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19/11/2014 10h:48 CET | Actualisé 19/01/2015 06h:12 CET

Le besoin de règles

SOCIÉTÉ - Dans notre monde contemporain, l'accumulation des privilèges et des rentes engendre dans la société des blocages pour l'innovation, le progrès technique, le développement humain en général. Les misères muettes, le développement des injustices sociales, le mur des égoïsmes sont des facteurs d'instabilité et de révolte.

SOCIÉTÉ - Dans notre monde contemporain, l'accumulation des privilèges et des rentes engendre dans la société des blocages pour l'innovation, le progrès technique, le développement humain en général. Les misères muettes, le développement des injustices sociales, le mur des égoïsmes sont des facteurs d'instabilité et de révolte.

Plus que jamais, nos sociétés ont besoin de règles. L'angoisse naît de l'absence de règles ou de la présence de règles implicites, non connues de tous et surtout non applicables à tous. Prenons l'exemple de la corruption.

Comment faire de son mieux pour l'éviter? Le sourire du gendarme, le salut bienveillant du policier, du responsable communal, etc. font reculer la loi, le lien social, dans l'exacte mesure où ils personnalisent une relation qui doit rester une relation d'institution, celle où la fonction incarnée (police, justice, gendarmerie), non l'humeur capricieuse, doit prévaloir. La psychologie s'invite dans la mesure même où les règles s'absentent.

Avec la corruption, avec l'absence de règles, c'est le lien social qui se défait sous l'effet du leurre d'avoir obtenu sans médiation de la loi, un bien convoité.

Il s'agit de leurre car la corruption ne fait que reporter à plus tard ce que le collectif doit résoudre: la restauration de la confiance entre les personnes pour que chacun sente que les institutions le protègent. La corruption opère un démantèlement systématique de toutes médiations institutionnelles censées servir et protéger les individus.

Chaque acte de corruption fragilise les institutions publiques et ajoute à de la dérégulation: les citoyens retirent chaque jour un peu plus la confiance qu'ils sont supposés accorder à ces institutions.

Enfin, il faut noter l'arbitraire qui prévaut dans une relation sous le signe de la corruption: selon l'humeur, selon le caprice du corrupteur, la relation se colore comme une relation où le pire est toujours l'horizon de l'action commune: et si je ne donnais pas d'argent cette foi-ci? Et s'il ou si elle juge que ce n'est pas suffisant? Comment mettre fin à cette relation? L'engrenage et la généralisation guettent et emportent la société dans ce peu de confiance que ses membres font les uns aux autres.

La corruption consacre ceux qui peuvent défaire la société au jour le jour par le passe-droit, l'entre gent, tout ce qui fait obstacle au nécessaire voile sur les différences qui existent dans la société pour que ces différences se réduisent et permettent aux hommes de se considérer comme moitié les uns des autres.

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