ALGÉRIE
03/10/2019 12h:20 CET | Actualisé 03/10/2019 12h:22 CET

L’Ordre des avocats d’Alger menace de boycotter les procédures de poursuites contre les manifestants

RYAD KRAMDI via Getty Images
Lawyers rally for change in the streets of the Algerian capital Algiers on July 11 2019, in the latest in weeks of rallies against the ruling class amid an ongoing political crisis in the country. French and Arabic slogans on placards read: "Liberty of Expression (R), Yes for the Independence of the judiciary (C) and Freedom (L)". - Algeria has been rocked by months of demonstrations, forcing longtime president Abdelaziz Bouteflika to step down in April. Protesters have continued to take to the streets, demanding that regime insiders leave office and independent institutions be established ahead of eventual elections. (Photo by RYAD KRAMDI / AFP) / The erroneous mention[s] appearing in the metadata of this photo by RYAD KRAMDI has been modified in AFP systems in the following manner: [Placards read: "Liberty of Expression (R), Yes for the Independence of the judiciary (C) and Freedom (L)"] instead of ["No for represssion".]. Please immediately remove the erroneous mention[s] from all your online services and delete it (them) from your servers. If you have been authorized by AFP to distribute it (them) to third parties, please ensure that the same actions are carried out by them. Failure to promptly comply with these instructions will entail liability on your part for any continued or post notification usage. Therefore we thank you very much for all your attention and prompt action. We are sorry for the inconvenience this notification may cause and remain at your disposal for any further information you may require. (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images)

 Le Conseil de l’Ordre des avocats d’Alger a menacé hier, mercredi 02 septembre 2019 de “boycotter toutes les procédures de poursuites qui mènent vers des procès fictifs”. Dans un communiqué, signé par le bâtonnier Me. Abdelmadjid Sellini, le barreau d’Alger a dénoncé, “avec regret, des violations de la procédure et de la loi, qui touchent aux droits et aux libertés les plus élémentaires ainsi qu’aux droit de la défense dans le traitement des dossiers” des détenus du Hirak.

Le barreau d’Alger a réitéré dans son communiqué son “soutien aux revendications du mouvement populaire pour un Etat de droit et l’indépendance de la justice”. Dans une déclaration rendue publique, l’organisation a dénoncé “les arrestations qui ont ciblé des manifestants pacifiques”.

Le Conseil de l’Ordre a rejeté “toute forme d’atteinte aux libertés et droits fondamentaux des citoyens, notamment le droit de manifester pacifiquement et la liberté d’expression”. Il a rappelé que ces atteintes “constituent une violation flagrante des droits et libertés consacrés par la Constitution et les conventions internationales”

Le barreau d’Alger s’est même déclaré “surpris” et “choqué” par “certaines procédés répressifs utilisés lors des manifestations pacifiques”. Le communiqué rejette aussi “ces pratiques” qui “risquent de rendre plus complexe la situation”.

Les avocats de la capitale n’ont pas manqué de faire remarquer, “avec regret, de nombreuses violations de la procédure et de la loi, qui touchent aux droits et aux libertés les plus élémentaires ainsi qu’aux droit de la défense dans le traitement des dossiers devant les instances sécuritaires et judiciaires”.

Le communiqué  fait savoir que les violations vont du “droit légal de contacter la famille ou l’avocat jusqu’à l’abus du recours aux mandats de dépôt dans les poursuites engagées malgré le caractère pacifique des manifestations”. Une pratique “contradictoire avec les aspirations des citoyens à construire une justice indépendante en laquelle ils ont confiance”.

C’est pour ces raisons que le barreau d’Alger “refuse d’être partie prenante en assurant la légitimité à ces violations et atteintes qui, dans le cas où elles se poursuivent, l’obligent à “boycotter toutes les procédures de poursuites qui mènent vers des procès fictifs”.

Le Conseil de l’Ordre des avocats a publié ce communiqué au moment où la Cour d’Alger confirmait la mise en détention provisoire de 26 détenus, arrêtés lors du vendredi 13 septembre 2019 à Alger.