TUNISIE
27/07/2018 17h:23 CET | Actualisé 27/07/2018 17h:27 CET

Lazhar Akremi descend en flammes Hafedh Caid Essebsi: "Il joue avec la Tunisie comme on joue à la Playstation"

“Moi, je conseille son père de l’envoyer en France (...) et de ne plus le laisser entrer en Tunisie jusqu’à la fin de son mandat"

Le journaliste, avocat et ancien ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec l’Assemblée des représentants du peuple Lazhar Akremi an’a pas mâché ses mots sur Hafedh Caid Essebsi dans une interview accordée vendredi à la radio Shems FM, le qualifiant de “mongolien” et de “personne à besoins spécifiques”.

Alors que se tiendra samedi un vote de confiance à l’Assemblée des représentants du peuple concernant le nouveau ministre de l’Intérieur nommé par le chef du gouvernement, il semblerait que le bloc parlementaire de Nidaa Tounes votera contre celui-ci à en croire Sofien Toubel, président dudit bloc, à l’issue d’une réunion avec le directeur exécutif du parti Hafedh Caid Essebsi.

Cette décision, déjà pressentie par Lazhar Akremi l’a agacé au plus haut point, appelant les députés à accorder leur confiance au nouveau ministre: “Il y a des personnes qui n’en veulent pas. Par exemple, Hafedh Caid Essebsi se rend aujourd’hui à l’ARP pour convaincre ses députés (de ne pas voter pour le ministre). Il les a même menacé de les virer s’ils votaient pour lui” a-t-il affirmé.

“Pour lui, la question n’est pas politique. L’important pour lui est que ça parte en vrille” pour Youssef Chahed or c’est une question “qui concerne l’intérêt de l’État” a rappelé Akremi.

Apostrophant Hafedh Caid Essebsi, il ajoute: “Ton problème est avec Youssef Chahed, pas avec l’État tunisien: Le terrorisme est toujours là” dit-il avant de décrire le parcours du nouveau ministre de l’Intérieur, nommé mardi, Hichem Fourati, et de justifier le choix de Youssef Chahed d’avoir “combler le vide” sans attendre le prochain remaniement ministériel: “C’était un impératif national, il ne voulait pas que le ministère de l’Intérieur reste sans ministre surtout dans le contexte actuel”.

“Si demain, la confiance n’est pas accordée à Hichem Fourati (...) lundi matin, Youssef Chahed devient chef du gouvernement et ministre de l’Intérieur, pour que le pays ne reste pas livré à lui même” a également prédit Akremi expliquant que constitutionnellement rien ne l’en empêche.

Pour lui, ceux qui demandent de ne pas accorder la confiance à Hichem Fourati veulent atteindre Youssef Chahed, mais en laissant sans chef le ministère de l’Intérieur, c’est la Tunisie qui peut-être affectée: “Si tu veux atteindre Youssef Chahed, ne coule pas avec la Tunisie” a-t-il lancé à l’attention de Hafedh Caid Essebsi.

Interrogé sur le rôle de Béji Caid Essebsi dans la place politique qu’occupe son fils, Lazhar Akremi fulmine: “Moi, je conseille son père de l’envoyer en France (...) et de ne plus le laisser entrer en Tunisie jusqu’à la fin de son mandat; comme l’ont fait d’autres présidents qui ont éloigné leurs frères et leurs fils du pouvoir”.

Mais selon lui, “depuis 2015, Béji Caid Essebsi n’est pas neutre. Les gens ne s’en sont peut-être rendus compte que maintenant” évoquant de nombreuses pressions exercées sur le président de la République pour que Hichem Fourati n’obtienne pas la confiance des députés.

“Hafedh ne pense pas à la politique, il ne pense qu’à l’argent! (...) Avez-vous déjà lu un livre qu’il a écrit? Un article? Une opinion sur la transition démocratique? Sur les libertés?” s’est-il interrogé avant de continuer: “Il joue avec la Tunisie comme on joue à la Playstation (...) Il a fait ce que les Trabelsi n’ont jamais fait. Il a fait bien pire qu’eux”.

Pour lui, Hafedh Caid Essebsi est instrumentalisé par ceux qui l’entourent:“Il ne comprend pas qu’aujourd’hui, il est entouré de corrompus qui l’utilisent et qui trouvent leurs intérêts, même en piétinant l’État. Il n’en est pas conscient le pauvre homme”.

“Vous savez ce que veut Hafedh? C’est enlever Youssef Chahed et placer une femme -intègre et qui n’est pas politisée- dont je tairais le nom, pour que lui dirige le pays et la planche à billets” a-t-il expliqué avant de revenir aux origines du conflits entre les deux hommes.

Akremi estime que la “plus grande catastrophe” pour Hafedh Caid Essebsi et son clan a été “l’arrestation de Chafik Jarraya et le début de la guerre contre la corruption. Vous savez ce qu’ils disent (...) ‘Le jour où on enlèvera Chahed, ils feront sortir Chafik’ ”.

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