MAROC
31/10/2018 15h:43 CET | Actualisé 02/11/2018 20h:32 CET

L'Autriche se retire du pacte de l'ONU sur les migrations

À quelques semaines de son adoption à Marrakech.

Heinz-Peter Bader / Reuters
Sebastien Kurz et Heinz-Christian Strache, chancelier et vice-chancelier autrichiens. 

MIGRATION - Les dirigeants autrichiens devaient rejoindre Marrakech début décembre pour assister à la Conférence intergouvernementale chargée d’adopter le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Il n’en sera rien. Le gouvernement autrichien vient d’annoncer ce mercredi 31 octobre son retrait du pacte de l’ONU sur les migrations.

Le pacte doit être formellement entériné les 10 et 11 décembre dans la ville ocre, lors de cet événement international portant sur la question de la migration. Après la Hongrie et les États-Unis, l’Autriche déclare s’opposer à ce pacte dans un communiqué de la coalition dirigée par le chancelier Sebastien Kurz avec le parti d’extrême droite FPÖ. Le gouvernement autrichien explique ne pas vouloir signer le pacte des Nations Unies pour défendre “la souveraineté nationale de l’Autriche”. De par ce retrait, “l’Autriche pourra continuer à élaborer ses propres lois sur toutes les questions de migration”, poursuit le communiqué. 

Le vice-chancelier autrichien et ultra-nationaliste, Heinz-Christian Strache, qui s’est également exprimé sur Twitter, motive cette décision en déclarant que “l’immigration n’est pas et ne peut pas être un droit humain” et qu’il ne peut y avoir “un droit de migrer en raison du climat ou de la pauvreté”, relaie pour sa part le site allemand Deutsche Welle. 

“L’Autriche n’adhère pas au pacte #UNMigration et ne l’accepte pas! En tant que vice-chancelier sous la responsabilité gouvernementale FPÖ, j’ai veillé à ce que ce pacte, que nous rejetons dans des passages essentiels, pour des raisons de fond, ne soit pas signé!”

La formation d’extrême droite faisait campagne depuis plusieurs semaines pour que l’Autriche boycotte ce texte considéré comme le premier document international sur la gestion des migration. D’après l’AFP, Vienne avait déjà critiqué le texte, jugeant certains aspects en “contradiction avec le programme” de la coalition qui fait de la lutte contre l’immigration illégale son cheval de bataille depuis le début de son mandat. Au pouvoir depuis près d’un an, le gouvernement Kurz a durci les conditions d’accueil des immigrés et les élus d’extrême droite tiennent régulièrement des propos stigmatisant les étrangers, notamment de religion musulmane. 

Le gouvernement hongrois de Viktor Orban avait de son côté dénoncé un pacte jugé “dangereux”, car il “incitera des millions de personnes à prendre la route” rapporte l’AFP. La Pologne a récemment fait part de son intention de rejeter également le texte et Washington s’était retiré fin 2017 de l’élaboration du document en affirmant qu’il comprenait des dispositions contraires à la politique d’immigration de Donald Trump.

Le pacte de l’ONU préconise notamment de renforcer la coopération internationale pour répondre au phénomène mondial des migrations. Il recense une série de principes, à savoir la défense des droits de l’homme, des droits des enfants, la reconnaissance de la souveraineté nationale, entre autres. Il comprend un catalogue de mesures pour aider les pays à faire face aux migrations, via l’amélioration de l’information, des mesures pour mieux intégrer les migrants, des échanges d’expertises...