TUNISIE
04/08/2019 18h:39 CET

L'auto-exploration ou comment découvrir son corps et sa sexualité autrement

L’auto-exploration est naturelle et commence depuis le plus jeune âge. Ce réflexe se perd malheureusement en grandissant.

SUZIE Q.
Le "self-help", mené par des militantes féministes et des professionnelles de santé, a permis à de nombreuses femmes de s'approprier les savoirs gynécologiques et de s'autonomiser.

SEXUALITÉ - La vulve, le vagin, le point G ou encore le clitoris font partie de ces zones encore trop méconnues du corps de la femme. “Une femme sur cinq admet ne pas savoir où se trouve son clitoris et 35% d’entre nous ne l’ont jamais aperçu. À 15 ans, une fille sur quatre ne sait pas qu’elle en a un et 83% ne savent pas à quoi il sert”: ce sont les chiffres que l’on retrouve dans la préface du livre Connais-toi toi-même de Clarence Edgard-Rosa, un guide d’auto-exploration du sexe féminin.

Passionnée par les questions liées à l’intime, l’autrice, qui a voulu rendre son ouvrage “hyper accessible, simple et ludique”, décompose son livre en neuf  auto-explorations (vulve, vagin, col de l’utérus, point G, clitoris, périnée, ovaires, fluides et seins).

“Permettre par ces explorations de porter un regard positif sur son corps était important pour moi”, explique la jeune femme au HuffPost. “On nous a tellement dit que le sexe féminin était sale, pas intéressant et nul que je trouve important d’inverser la tendance et de porter sur nous-mêmes un regard beaucoup plus sain et bienveillant”, dit-elle.

 

Suzie Q.

 

Pour celles qui n’ont pas encore testé l’auto-exploration ou qui n’osent pas, Clarence, autrice mais aussi ancienne rédactrice en chef de Marie-Claire digital, propose quelques conseils pour se lancer dans l’aventure.

 

“La première chose à faire est de prendre un moment pour soi et surtout de le faire comme on le sent. Il est inutile de se mettre la pression. Pour démarrer, il suffit de commencer par se mettre devant un miroir et regarder à quoi ressemble son sexe”, suggère-t-elle, “il faut essayer de ne pas se juger, car on a toutes et tous des images fausses du sexe féminin, du coup quand on le confronte avec le réel c’est très différent”. Le compte Instagram The Vulva Gallery, qui donne à voir des aquarelles, de sexe féminin peut aussi aider. 

L’auto-exploration est naturelle et commence depuis le plus jeune âge. Elle se perd malheureusement en grandissant. Pourtant, ces gestes sont bénéfiques pour la femme tant sur le plan sexuel que sur le plan médical.

Découvrir sa sexualité

Pour avoir une sexualité épanouie, il faut d’abord apprendre comment fonctionne notre corps, savoir ce que l’on veut ou pas et comprendre ce que l’on aime ou non.

N’avoir jamais atteint l’orgasme n’est pas forcément la faute de votre partenaire, il se peut tout simplement que vous ne soyez pas encore au courant de ce que vous aimez.

“On a coutume d’en parler comme du monstre du Loch Ness (Existe? N’existe pas?), et pourtant, la “zone G” est localisée, cartographiée et visible si tant est qu’on la cherche”, explique Clarence Edgard-Rosa dans son livre.

La meilleure chose à faire est donc de partir à la découverte de son corps, en tentant de nouvelles approches et de nouvelles techniques.

Il ne suffit pas de rester cantonné à son vagin et/ou son clitoris, le plaisir sexuel provient aussi d’autres parties du corps avec des zones plus ou moins érogènes, qui varient selon les femmes.

“L’auto-exploration est selon moi très utile pour les relations sexuelles, il peut être intéressant pour les conjoints d’en apprendre plus sur nous et de savoir ce qui nous fait réellement plaisir, explique la trentenaire. Je trouve ça hyper intéressant de le partager, mais ce n’est que mon point de vue, certaines femmes préféreront garder ça pour elle”.

Préserver sa santé

En matière de santé, l’auto-exploration est tout aussi importante, voire plus. Si l’on comprend comment fonctionne son anatomie, il sera plus facile de détecter une anomalie et d’en parler rapidement à son médecin.

“On sait que les femmes qui s’auto-explorent bénéficient de diagnostics plus rapides, cela permet littéralement de déceler des problèmes plus rapidement”, analyse l’autrice. “Il faut bien sûr préciser que l’auto-exploration ne sert pas du tout à remplacer la médecine. La connaissance de la femme envers son corps et le savoir du médecin devraient être deux choses qui se complètent”, ajoute-t-elle.

L’autopalpation des seins est une des explorations que les médecins encouragent le plus. Cet auto-examen peut aider à dépister précocement des anomalies comme des cancers du sein.

 

 

“Avant le 16e siècle, les médecins s’intéressaient énormément au clitoris. Ils pensaient que le clito avait un impact dans le processus de reproduction. À la seconde où ils se sont rendu compte que ce n’était pas le cas, on a effacé le clitoris de toute la littérature scientifique”, nous apprend la journaliste.

L’éducation sexuelle est centrée sur seulement deux choses: les maladies et infections sexuellement transmissibles et la reproduction.

Cette non-connaissance des plaisirs et du corps féminin mène les Françaises en bas du tableau dans la course à l’orgasme, selon une enquête de l’Ifop publiée à l’occasion de la “Journée Mondiale de l’Orgasme” en 2015.