18/03/2019 17h:58 CET | Actualisé 18/03/2019 17h:58 CET

Pour le Groupement des pétroliers du Maroc comme pour le gouvernement, l'augmentation des prix à la pompe est "raisonnable"

Lahcen Daoudi ne renonce pas pour autant au plafonnement.

FADEL SENNA via Getty Images

CARBURANT - Un mois après sa réunion avec les pétroliers marocains, le ministre délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Lahcen Daoudi, n’a pas encore annoncé de plafonnement officiel des prix du carburant. Le gouvernement y aurait-il renoncé? Au HuffPost Maroc, Daoudi déclare qu’il n’en est pas question: “Les pétroliers ont légèrement aligné le prix sur ce que l’on veut faire, mais rien ne garantit que cet alignement va continuer si on renonce au plafonnement”. Pour Daoudi, ces garanties imposent donc le plafonnement. “Le gouvernement ne renonce pas du tout au plafonnement. Je suis en train de préparer un écrit pour saisir le chef du gouvernement en vue d’engager la procédure”, assure-t-il à notre rédaction.

Déterminé, le ministre ne cache pas non plus son impatience de voir cette procédure arriver à terme. “Quant le gouvernement répondra, je vais passer à l’acte”, nous affirme-il, soulignant que le temps nécessaire à ce processus dépendra de “la conjoncture des prix”. 

Plafonner veut dire maîtriser la marge de bénéfice et non aligner les prix du carburant sur l’ensemble du territoire, comme le croiraient certains consommateurs, tient à souligner le ministre. “Ce n’est pas fixer un prix à travers le Maroc, mais maintenir la concurrence en dessous du plafond”, dit-il. En d’autres termes, les fluctuations internationales que connait cette matière seront le seul argument justifiant une augmentation des prix. 

Arrivé à ce stade, le plafonnement ne fera pas l’objet d’une nouvelle réunion avec les pétroliers marocains, comme nous le confirme Daoudi pour qui le consensus est désormais acquis. Aussi douloureux soit-il, ce dernier impose surtout au Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) un retour en arrière à haut risque qui se traduirait par des pertes sèches. “Aujourd’hui, les prix sont déjà plafonnés. Les services en charge de la surveillance (au département de Lahcen Daoudi, ndlr) ont constaté que les prix sont raisonnables”, déclare au HuffPost Maroc le président du GPM, Adil Ziady.

Des prix “raisonnables” qui ont augmenté ces derniers jours. “L’augmentation est liée au prix du baril mais aussi à la valeur du dollar, qui est passé de 9,3 à 9,6 dirhams”, explique Adil Ziady, estimant que “les variations de prix restent très faibles”.