MAROC
10/04/2019 17h:36 CET

L'athlète Clémence Calvin brise le silence et parle de son contrôle antidopage à Marrakech

La marathonienne s’est présentée, ce mercredi après-midi, en conférence de presse.

Associated Press

ATHLÉTISME - Après deux semaines de rumeurs selon lesquelles elle aurait esquivé un contrôle antidopage lors de son entraînement au Maroc, l’athlète française Clémence Calvin a décidé de sortir de son silence. Suspendue provisoirement pour un “no-show”, la vice-championne d’Europe de marathon s’est présentée ce mercredi en conférence de presse, accompagnée de son avocat, Me Arnaud Péricard, pour raconter sa version des faits, rapportent les médias français. Selon elle, elle a été appréhendée d’une manière “violente” à Marrakech avec son entraîneur et mari, Samir Dahmani, par les autorités françaises de lutte antidopage.

“Ce que j’ai vécu le 27 mars c’était tout sauf un contrôle. C’était d’une grande violence, ça m’est tombé dessus, c’est une incompréhension totale. À 17h30 on est allé récupérer mon fils à la garderie. Ça faisait deux jours qu’on s’entraînait à Marrakech. C’était l’après-midi de repos, pour fêter les 2 ans de mon fils. Samir  m’a laissée pour aller acheter un gâteau. Des gens sont arrivés en courant vers moi, par derrière. Ils m’ont saisi par le bras et ils m’ont dit ’police française, il est où Dahmani?’Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait”, raconte-t-elle.

“On va vers la direction où Samir était parti. Il y avait un silence total entre moi et les trois personnes qui m’accompagnaient, une femme et deux hommes. Puis une des personnes me tape le bras et mon petit tombe sur le sol. Il se met à pleurer, je le ramasse et mon mari commence à se disputer avec ces gens, il fait éclater son incompréhension. Mon mari est quelqu’un de très calme. Il s’est contenu, il a seulement éclaté dans la voix. Je m’éloigne, je commence à avoir les oreilles qui bourdonnent. J’entends l’une des trois personnes dire: ‘Vous êtes finis, je vais vous ruiner’. Et ensuite les trois personnes s’éloignent dans le sens opposé. Je n’ai jamais vécu ça”, assure la marathonienne, qui souligne que c’est la première fois qu’elle se fait “agresser de la sorte”.

“Puis nous sommes allés à la pharmacie puis au restaurant pour essayer de se recentrer sur le plus important. (…) A aucun moment ces gens ne se sont présentés comme des contrôleurs. Je n’ai reçu aucun document. Je n’ai vu aucune carte, on ne m’a rien présenté. Je n’avais jamais vu ces personnes. (…) Il y a eu un flux de haine autour de moi, mais aussi des gens avec beaucoup de bienveillance et je les remercie”, a t-elle encore déclaré.

L’athlète française et son mari sont tous les deux suspendus provisoirement. “Clémence Calvin s’est vue notifier deux manquements: un manquement à une obligation de géolocalisation, un no-show, le 27 mars après 20 heures. Deuxièmement, elle s’est vue notifier par l’AFLD une suspension à titre provisoire, dans le cadre d’une procédure disciplinaire qui est motivée par une soustraction, j’ouvre les guillemets, à un prélèvement d’échantillon”, a expliqué son avocat, alors que son mari, lui, est suspendu provisoirement pour ”obstruction à un contrôle antidopage”.

La jeune femme, qui préparait le marathon de Paris du 14 avril, a fait l’objet le 27 mars d’une visite surprise de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Celle-ci avait dépêché, au Maroc, deux préleveurs ainsi que le directeur des contrôles de l’agence, avait révélé Le Monde le 4 avril.

L’athlète de 28 ans avait déjà décliné un contrôle antidopage proposé par l’AFLD pour valider son exploit lors du semi-marathon de Paris le 10 mars, où elle avait enregistré le premier record de France du 5 kilomètres.

Sur sa page Facebook, Clémence Calvin s’était défendue en évoquant un problème d’agenda très chargé les jours ayant suivi le semi-marathon. “J’avoue qu’organiser et me rendre dans un labo pour un contrôle en plus de mes tranches horaires de localisation, et ce en pleine prépa marathon, pour un pseudo record, anecdotique en 16′24, j’en avais un peu que faire...”, écrivait-elle.

Selon le code antidopage, un refus de contrôle est passible, comme pour un contrôle positif, à une suspension de course de quatre ans.