ALGÉRIE
01/05/2018 15h:39 CET | Actualisé 01/05/2018 21h:12 CET

Dans le quartier populaire d’El Magharia (Alger), une association entretient l’espoir par le sport

L’association “Espoir Sportif de El-Magharia”, forme des jeunes de la commune dans quatre disciplines à savoir; le judo, Full-contact, le karaté, et le badminton.

Esmq El Maqaria/ Facebook

Les quartiers populaires sont les viviers des grands champions. L’association “Espoir sportif d’El-Magharia”, avec ses 500 jeunes athlètes dans plusieurs disciplines en est un exemple.

Grâce à l’abnégation de ses membres et malgré un environnement difficile, les jeunes de ce quartier qui avait mauvaise presse dans les années 90 s’investissent dans le sport.

Peu de moyens mais un esprit sportif à toute épreuve. Et un optimisme de volonté de la part des dirigeants de l’association qui ne désarment pas malgré les embuches. 

L’association fonctionne depuis plus deux ans sans subvention. Les difficultés sont légions mais on fait comme les coureurs de fond. D’autant que le nouveau maire d’al-Magharia fait preuve d’une disponibilité à aider l’association. 

Une lueur d’espoir pour l’association qui outre le blocage de la subvention fait face aussi un manque d’espaces d’entrainements. Krimo Djaafer, ancien professeur d’éducation physique et entraineur pendant une vingtaine d’années de l’équipe de handball l’“Union sportive d’El-Magharia” fait partie des fondateurs, en 2009, de l’association “Espoir Sportif de El-Magharia”.

Il est fier de citer les noms d’enfants du quartier formés dans l’association qui sont devenus des sportifs de haut rang. A l’image du handballeur El Hadi Biloum.

L’“Espoir sportif d’El-Magharia” active principalement à la salle omnisports d’El-Magharia” et forme des jeunes dans quatre disciplines : le judo, Full-contact, karaté, et le sport le badminton. Elle compte plusieurs titres à son palmarès et jouit d’une bonne réputation dans le milieu sportif.

“Nous avons au sein de notre association des jeunes à l’avenir prometteur, ils ne ratent aucun entrainement. Ils font la fierté de leurs entraineurs à chaque compétition. Seulement les temps sont durs et on parvient à peine à joindre les deux bouts pour assurer l’avenir de l’association”, confie Krimou Djaafer.

Disposant de seulement 3 salles, les équipes des différentes disciplines ne peuvent s’entraîner que deux à trois fois par semaine. Pourtant, il existe une convention entre le ministère de la jeunesse et des sports et les établissements scolaires, qui donnent le droit aux associations sportives d’utiliser  les espaces de ces écoles pour les entraînements.

Sauf que l’application n’est pas au rendez-vous. “Lorsque nous demandons au directeur de l’école la possibilité d’utiliser l’espace, il exige une autorisation de l’inspecteur de l’académie. Et ce dernier retourne la demande au directeur de l’école”, souligne-t-il.

Coté subvention, la situation est encore plus délicate. En principe, une association agréée par l’État a droit à deux subventions:  une des fonds de la wilaya dont le montant est fixé par la direction de la jeunesse et des sports et une autre par l’APC. Le montant des subventions change d’une année à l’autre  en fonction des résultats que réalise l’association et d’autres paramètres.

“Chaque année on fournit un dossier à la direction de la jeunesse et des sports et un autre à l’APC, et on dépose une copie des dépenses de l’association au trésor de la wilaya. Ensuite la commission de la DJS évalue le dossier et décide des attributions.”

La première subvention n’a été perçue par l’association qu’en 2012, soit après trois ans d’activités.  Une petite somme de 200.000 dinars, ce qui constitue une somme dérisoire pour les 250 athlètes que comptait l’association à l’époque.

Le président de l’association souligne que les subventions de la direction de la jeunesse et des sports sont régulières. Ce qui n’est pas le cas pour celles de l’APC. Actuellement, des problèmes de passation entre l’ancien maire et le nouveau pèsent sur la situation de l’association.

L’ancien maire,  Mohamed Bouchafra, malgré une décision de l’assemblée, n’a pas signé l’attribution de la subvention. Aucune explication n’a été donnée sur les raisons. Le nouveau maire, Behidj Mourad, a été sensibilisé au sujet de la situation. L’association espère qu’il agira rapidement pour débloquer la situation.

“Nous espérons un retour rapide car M Behidj est un enfant du quartier et n’ignore pas l’importance de l’association pour les jeunes d’El Magharia qui n’ont pas beaucoup d’horizons” souligne Krimou Djaafer.

Pour l’heure, cette situation est catastrophique pour l’association “Espoir sportif d’El-Magharia” dont les dettes s’accumulent.

“Entre autres des dépenses de l’association, l’assurance des athlètes, le paiement des affiliations aux clubs afin que nos sportifs participent aux compétitions, les équipements, le transport et j’en passe. Nous avons des partenaires qui nous font confiance et qui repoussent l’échéance des paiements des factures, mais cela ne peut pas durer éternellement. Sans le déblocage de la subvention, nous sommes à l’agonie”.

Le président de l’association espère une initiative forte de la part du maire. Par exemple, l’association sollicite, en vain, depuis cinq ans, la possibilité d’utiliser les bus de l’APC pour le transport des athlètes, ce qui allégerait les dépenses de l’association.

Comment survit donc l’association ? Tout simplement grâce aux entraineurs qui ponctionnent de leurs salaires pour maintenir le travail, aux familles des jeunes sportifs qui apportent volontairement une aide ainsi que des donateurs anonymes.

“Il y a dans le quartier des gens sensibilisés à l’importance de l’association mais ces contributions ont leur limites” souligne Krimou Djaafer qui préfère parler davantage des bonnes choses.

 Comme des années passées comme entraîneur de handball dans l’“Union sportive d’El-Magharia”. Durant la « décennie noire » où le quartier avait mauvaise presse, l’équipe de handball  a réalisé des performances “extraordinaires.”

 “Notre équipe avait remporté trois championnats d’Algérie et une coupe d’Algérie. Chaque année, on fournissait à l’Équipe nationale des handballeurs dans la catégorie cadet et junior. C’est dire à quel point le sport peut remédier aux situations les plus dures”, se souvient-il.

L’association,  “ne baissera pas les bras”, dit-il, et il a bon espoir de voir le nouveau maire d’Al-Magharia lui apporter un soutien qu’il juge mérité.