ALGÉRIE
10/01/2019 12h:28 CET

L'association des oulémas se démarque de la fatwa décrétant "Haram" les festivités de Yennayer

Getty Editorial

L’association des oulémas musulmans a démenti être concernée par une quelconque fatwa ayant décrété “Haram” la célébration de Yennayer. Dans une déclaration au quotidien Le Soir d’Algérie, Abderezzak Guessoum, président de cette association, a tenu à lever toute ”équivoque”.

Un ex-membre de cette association, Al-Abidine Ben Hanafia, ex-président de la commission des fatwas, a décrété “haram” al fête du Nouvel An amazigh, Yennayer. Selon lui, cette fête est “contraire aux préceptes de l’islam”, et concurrencerait même les fêtes religieuses de l’Islam à l’instar de l’Aïd el-Fitr et l’Aïd el-Kebir.

Il a invité les Algériens à “faire usage du calendrier lunaire et ne pas suivre celui des infidèles, le calendrier solaire”, au moment même où le coup d’envoi des festivités de Yennayer a été donné dans plusieurs villes.

Cette “fatwa” n’est pas passée inaperçue. Plusieurs médias ont ainsi relayé cette information auprès de leurs lecteurs, suscitant leur indignation et leur colère.

Mercredi, le président de cette association, Abderezzak Guessoum, a fait savoir que les oulémas musulmans algériens se démarquent de cette “fatwa”. Dans une déclaration au journal Le Soir d’Algérie, il a rappelé que la déclaration de Al-Abidine Ben Hanafia n’engageait que lui.

“Al-Abidine Ben Hanafia n’est plus président de la commission des fatwas de notre association dont il a, par ailleurs, perdu le statut de membre de l’exécutif à l’issue du congrès de l’association tenu la fin de l’année écoulée”, a-t-il affirmé.

Le président de l’association, après avoir regretté que des médias aient relayé cette information, a affirmé que les oulémas algériens “se démarquent”. ” Ces fatwas ne figurent pas sur le site officiel de l’association et n’engagent que leur auteur”, a-t-il fait savoir, rajoutant que Al-Abidine Ben Hanafia “s’est déjà illustré en déclarant haram la célébration du Mouloud, le jour de naissance du prophète Mohammed QSSL”.

Il considère, selon Guessoum, ces fêtes comme étant des “séquelles de la djahilia”.

L’Association des oulémas musulmans n’affirme n’avoir “aucun complexe” avec les festivités de Yennayer.

 

Le ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, a également refusé de commenter les “dérives” de cet ex-membre de l’association. Il inaugurait à Bouira, les festivités de la célébration de Yennayer.