MAROC
12/02/2019 18h:41 CET

L'assassinat et viol présumé d'une adolescente israélienne embarrasse les prisonniers palestiniens

"Il n'y a rien de nationaliste dans son acte."

MENAHEM KAHANA via Getty Images

PROCHE-ORIENT - Le meurtre et viol d’Ori Ansbacher, adolescente israélienne de 19 ans, a choqué la population israélienne. Son tueur présumé, Arafat Irfaiya, un palestinien de 29 ans, a déclaré, selon la chaîne israélienne I24News, avoir voulu “devenir un martyr et assassiner un Juif”. 

Le meurtre n’a cependant été revendiqué ni par le Hamas, auquel le tueur présumé serait affilié, rapporte Libération, ni par le Jihad Islamique. 

Selon Haaretz, le Palestinian Prisoners Club, organisation composée d’anciens prisonniers palestiniens, n’a pas envoyé d’avocat pour représenter le tueur présumé et ne s’est pas exprimé sur l’affaire, contrairement à leur habitude en cas d’actes revendiqués comme “nationalistes”. 

Selon Qadura Fares, directeur du club, la famille n’a pas réclamé d’assistance légale. Si le viol est cependant confirmé, le club refusera de proposer toute aide juridique. “Nous nous opposons à ce que quelqu’un fasse passer un acte criminel pour un geste nationaliste”, affirme-t-il à Haaretz.

Pas de versement de “salaire”

Même son de cloche de la part d’un officiel du Fatah, également emprisonné dans des geôles israéliennes. Ce dernier affirme à Haaretz que ses collègues et lui ont demandé à l’autorité palestinienne de ne pas “lui payer de salaire ou financer sa défense (...) il n’y a rien de nationaliste dans son acte”. “Salaire auquel ont droit les prisonniers palestiniens, rappelle Libération.

Arafat Irfaiya devrait, selon le journal israélien, être détenu dans les geôles réservées aux prisonniers du Hamas. L’officiel du Fatah cité par le journal affirme de son côté qu’en cas de détention dans la section réservée à ces derniers, “personne ne pourra le protéger”.

Ori Ansbacher a été tuée le 7 février dernier dans une forêt à proximité de Jérusalem. C’est là qu’Arafat Irfayia l’aurait violée avant de la poignarder plusieurs fois, rapporte Libération. Arrêté le lendemain du meurtre, le prisonnier verra la maison de sa famille, à Hébron, bientôt détruite par les autorités israéliennes.

Selon le journal français, Benjamin Netanyahou, en pleine campagne électorale, a menacé de “réduire les fonds de l’Autorité palestinienne” suite au meurtre.