MAROC
21/02/2019 13h:15 CET

"L'art Gnaoua" candidat pour être inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO

La décision finale sera prise lors de la 14ème réunion annuelle de la commission, prévue du 9 au 14 décembre 2019 à Bogotá.

Youssef Boudlal / Reuters
Festival Gnaoua d'Essaouira en 2014.

MUSIQUE - Rendre aux gnaoua ce qu’ils ont apporté et continuent d’apporter au Maroc. Après 10 ans d’engagement, mené notamment par la fondatrice du Festival Gnaoua d’Essaouira, Neila Tazi, cet art marocain aura peut-être enfin la reconnaissance qu’il mérite. La commission inter-gouvernementale du patrimoine culturel immatériel, relevant de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a procédé à l’inscription de la candidature du dossier de “L’art Gnaoua” sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. 

Selon un communiqué du ministère de la Culture et de la Communication-département de la Culture, cette inscription prévue constituera une nouvelle consécration du patrimoine national en général et de la musique Gnaoua en particulier, qui constitue un héritage musical universel et humain et une expression symbolique du vivre en commun dans la diversité ethnique et culturelle au Maroc.

Cette inscription aura également des retombées positives en matière de promotion et de dynamisation du tourisme culturel au Maroc et favorisera l’internationalisation de l’art Gnaoua, selon la même source.

10 ans d’engagement pour faire inscrire cet art

Neila Tazi, elle, se réjouira le jour où cette inscription sera effective. Mais après plusieurs années d’engagement en faveur de cette action, la fondatrice du festival Gnaoua & Musique du monde est ravie que les choses bougent. “Nous attendons cette inscription depuis 10 ans, la demande ayant été formulée par l’équipe du festival et l’association Yerma Gnaoua lorsque M. Himmich était alors ministre de la Culture. Nous remercions le ministre M. Laaraj et le nouveau directeur du patrimoine pour leur appréciation de l’importance de ce dossier”, souligne-t-elle au HuffPost Maroc.

Rien n’est encore joué et désormais, les acteurs comptent sur “leur mobilisation et leur suivi rigoureux pour faire aboutir cette demande”. La décision sera prise lors de la 14ème réunion annuelle de la commission, prévue du 9 au 14 décembre 2019 à Bogotá.

Pour Neila Tazi, l’inscription “serait une reconnaissance légitime pour les Gnaoua, pour ce qu’ils ont apporté au Maroc. Bien évidemment les Gnaoua sont devenus un symbole de notre culture et ont apporté un rayonnement international à la musique marocaine. Mais au-delà de cela, cette inscription qui était impensable il y a à peine 20 ans, symboliserait à la fois l’importance du devoir de mémoire et du rôle de la culture dans la construction du lien social et de nos liens avec les peuples du monde”. Une reconnaissance aussi pour ceux qui ont cru dans ce combat depuis 22 ans ou encore l’équipe du festival et la ville d’Essaouira. “Donner du sens au développement pour l’inscrire dans une approche durable, c’est là que la culture joue un rôle essentiel”. 

Si la commission valide l’inscription, l’art gnaoua viendra s’ajouter à six autres éléments du patrimoine marocain déjà inscrits sur cette liste, à savoir “L’espace culturel de la place Jemaa el-Fna”, “Le Moussem de Tan-Tan”, “La diète méditerranéenne”, “La fauconnerie”, “Le festival des cerises de Sefrou”, “Les pratiques et savoir-faire liés à l’arganier” et “La Taskiwin”, une danse martiale du Haut-Atlas occidental classée comme “nécessitant une sauvegarde urgente”, conclut le communiqué du ministère.