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15/12/2018 13h:21 CET | Actualisé 15/12/2018 13h:26 CET

L’art de la confusion

PATRICK BAZ via Getty Images

“L’élection présidentielle aura lieu comme convenu, au mois d’avril prochain”. C’est ce qu’affirme un éditorial d’El Moudjahid publié hier. Ce quotidien nous précise que “le Chef de l’État, dont le mandat s’achève à cette date-là, a été sollicité à poursuivre sa mission, et donc à être candidat par les principales formations politiques, des organisations syndicales et patronales et le mouvement associatif”.

Rappelons que, en plus des partis de l’Alliance présidentielle (FLN, RND, MPA et TAJ), le Président est assuré du soutien d’une autre alliance nouvellement créée, le “Front national des partis politiques”, composé par le Parti national algérien (PNA), l’Union pour le rassemblement national (URN), le Parti algérien vert pour le développement (PAVD) et la Tribune de l’Algérie de demain.

A cela se rajoutent les représentants du patronat, de certains syndicats dont l’emblématique UGTA et quelques associations !

Yerham babak qui osera, avec tous ces soutiens, affronter le Président s’il décide de se représenter pour un 5e mandat ?

L’éditorialiste achève son billet par cette subliminale conclusion: “Maintenant que certains tentent de servir à l’opinion publique leurs spéculations, qu’ils présentent comme des certitudes, à l’exemple du report de l’élection présidentielle, cela fait partie d’une stratégie de la confusion, et ne constitue qu’un médiocre marketing qui traduit un manque flagrant de confiance en soi”.

Sauf que cet éditorialiste, anonyme et donc important, semble oublier que ceux qui ont évoqué l’éventuelle report de l’élection présidentielle font tous partie de ce “clan présidentiel”, expression que je préfère à “Alliance présidentielle”.

Et donc que ce billet dont le titre est “Confusion politique ?”  participe lui-même à cette confusion et que le point d’interrogation n’a pas lieu d’être.

Plus que dix sept semaines nous séparent de ces élections présidentielles. Et à ce jour, aucun débat politique, aucune campagne, aucun programme qui puissent permettre aux citoyens d’avoir une idée sur ce que l’avenir leur réserve.

Nulle doute que cette léthargie institutionnelle aura un prix que l’on risque de payer cher.